Mobilisation devant le siège de la SAPHIR

La CGPER obtient des avancées pour les irriguants

16 décembre 2004

Hier matin, devant le siège de la SAPHIR à Saint-Pierre, une délégation d’une cinquantaine d’agriculteurs était mobilisée à l’appel de la CGPER. Objectif : s’opposer à la hausse des factures payées par les irriguants abonnés à la SAPHIR. Les négociations ont permis d’aboutir à plusieurs avancées pour les planteurs.

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Fin de campagne sucrière animée hier devant le siège de la SAPHIR. La mobilisation d’une délégation d’une cinquantaine de planteurs de la CGPER (Confédération générale des planteurs et éleveurs de La Réunion) a permis d’aboutir à plusieurs avancées au profit des irriguants. Elle était conduite par le 1er vice-président de la CGPER, Jean-Bernard Gonthier, le président de la Fédération Sud/Ouest Sylvestre Lamoly, le président de la Fédération Sud Jacky Morel, le secrétaire des Jeunes de la CGPER, Samuel Mouguia et Éric Soudrom, dirigeant des Jeunes de la CGPER.
Malgré les bons résultats de la campagne 2004, les planteurs constatent que si leurs efforts portent leurs fruits et constituent un argument important en pleine réforme de l’OCM-sucre, la SAPHIR, au lieu de récompenser cette gestion plus rationnelle de la ressource en eau, pénalise en supprimant la remise annuelle de 15% pour "insuffisance d’utilisation de l’eau d’irrigation", affirme la CGPER.
Alors que l’ensemble des pouvoirs publics (comité de bassin, SDAGE, ORE,...) ne cesse de sensibiliser la population réunionnaise sur la nécessité de réduire sa consommation en eau, qui est 2 fois supérieure à celle de la Métropole (350 l/hab/jour, contre 180 l/hab/jour), ce choix de la SAPHIR de faire payer aux planteurs les efforts pour préserver la ressource et optimiser l’utilisation de l’eau, paraît contradictoire, comme l’estime la CGPER.

Risques de conflits d’intérêts

Avec l’augmentation de la population réunionnaise d’ici 2020, nous devons dès aujourd’hui mettre en place une politique de gestion rationnelle de l’eau, sous peine d’arriver à des conflits d’intérêts entre l’usage domestique et l’usage agricole.
De plus, avec l’augmentation des surfaces irriguées, on prévoit qu’à l’horizon 2015, les besoins agricoles seront de l’ordre de 600.000 à 1 million de mètres cubes par jour.
Or la production moyenne d’eau nécessaire pour assurer ces besoins est actuellement comprise entre 350.000 et 600.000 mètres cubes par jour ; d’où la nécessité de mobiliser de nouvelles ressources.
Les planteurs rappellent qu’en 2000, le président du Département Jean-Luc Poudroux avait promis l’irrigation de toute la route Hubert-Delisle allant de l’Étang-Salé jusqu’à La Ravine-des-Cabris, soit près de 700 hectares. Mais la CGPER rappelle que cette annonce n’est pas concrétisée. "L’avenir de notre agriculture passe par l’irrigation", souligne la CGPER.

Conséquence de la sécheresse

La côte sous le vent (de Saint-Pierre à Saint-Leu) souffre d’un déficit chronique du fait d’une sécheresse qui perdure depuis une dizaine d’années. Ainsi, les consommations n’ont cessé d’augmenter depuis les 6 dernières années ; + 55% sur le bras de Cilaos et + 31% sur le Bras de La Plaine.
"Si nous voulons conforter l’avenir de notre agriculture et répondre aux besoins de la société", précisent les syndicalistes, "il est indispensable que les pouvoirs publics mettent en application une vraie politique d’extension de l’irrigation, soit par des captages ou des forages, ce qui permettrait d’irriguer près de 60 hectares".
"Dans ce même souci d’économiser l’eau, les planteurs regrettent que la prestation de la SAPHIR pour une vérification du compteur chez le planteur coûte la bagatelle de 93 euros, quelle que soit la durée de l’intervention", note la CGPER.
Qui souligne que "ces vérifications permettent souvent de détecter les fuites et les écarts de pression préjudiciables au planteur mais également à la SAPHIR dans la mesure où cette eau est perdue".
Un autre point est à l’origine du mouvement revendicatif d’hier : le paiement d’une taxe annuelle de 20 euros pour le col de cygne utilisé pour réduire la pression avant le compteur.
"Ce système composé d’un embout et d’un morceau de tuyau - environ 40 euros - installé depuis une dizaine d’années, est amorti depuis belle lurette et les planteurs ne comprennent pas l’entêtement de la SAPHIR à faire payer l’amortissement de ce matériel", dit la CGPER.
En conclusion, l’organisation syndicale tire un constat et avance une plate-forme revendicative soumise à la direction de la SAPHIR. Cette plate-forme comporte 5 points (voir encadré).
Sur cette base, après quatre heures de négociations entre la délégation de la CGPER et la direction de la SAPHIR, les planteurs ont obtenu plusieurs avancées (voir encadré). La CGPER précise qu’elle est satisfaite que la mobilisation ait porté ses fruits, elle "militera mardi pour la suppression de la taxe sur le col de cygne ainsi que la diminution du coût des contrôles compteurs".


Les revendications portées par la CGPER

- Rétablir la remise annuelle de 15% afin d’encourager les planteurs à optimiser la gestion de l’eau et préserver la ressource pour les générations futures.

- Mettre en place un calendrier transparent et sincère sur les projets d’irrigation dans le Sud afin de permettre aux planteurs de préparer l’arrivée de l’eau et éviter de nombreuses désillusions.

- Abroger la taxe annuelle de 20 euros pour le col de cygne dans la mesure où cette installation est déjà amortie.

- Réviser le coût de la vérification du compteur par la SAPHIR afin que la prestation colle à la réalité de l’opération.

- Réformer le système visant à faire payer au nouvel exploitant les arriérés de factures jusqu’ici indispensables pour pouvoir bénéficier d’un compteur d’eau.


Une remise sur les factures d’eau

Dans un communiqué diffusé hier après-midi, la CGPER informe qu’un protocole a été signé avec la SAPHIR à 14 heures sur les points suivants :

- Les planteurs sur le périmètre irrigué du Sud/Ouest percevront une remise minimum de 7,5% sur les factures d’eau pour l’année 2004.

- Concernant le problème du col de cygne et des vérifications du compteur, une réunion de travail est prévue le 21 décembre afin de discuter des propositions de la SAPHIR pour une réforme vieille de 12 ans.
La CGPER a également obtenu le remplacement avant la fin de l’année des compteurs sur la zone de Carosse (Saint-Joseph).


Bon résultat pour la campagne sucrière

"La production cannière a atteint cette année les 1.970.000 tonnes", rappelle la CGPER. Pour les planteurs, "il s’agit là d’un signe encourageant pour l’ensemble des partenaires en vue d’atteindre notre 1er objectif des 2 millions de tonnes de cannes".
L’organisation syndicale souligne qu’"après avoir franchi la barre symbolique du million de tonnes de cannes en 2003, la campagne sucrière dans le Sud reste satisfaisante avec près de 987.000 tonnes broyées par l’usine du Gol dans la zone Sud/Ouest". Ce tonnage avoisinant le million de tonnes sur le Gol s’explique par 2 facteurs que précise la CGPER :

- Une bonne pluviométrie répartie sur l’année,

- Les efforts déployés ces 10 dernières années des planteurs pour améliorer leur productivité grâce à une meilleure maîtrise technique (gestion de l’eau, mécanisation...).


Communiqué du CTICS

Le bordereau de la campagne sucrière approuvé

Le Centre technique interprofessionnel de la canne et du sucre de La Réunion (CTICS) informe les planteurs que le bordereau de la campagne sucrière pour les bassins canniers Nord et Est et le centre de Savanna/Grand Pourpier a été approuvé par le conseil d’administration du 13 décembre 2004.
Les planteurs qui le souhaitent peuvent le consulter dans les cellules planteurs du CTICS ainsi qu’au siège à Saint-Denis.
Les réclamations éventuelles doivent être adressées au président du conseil d’administration du CTICS dans un délai de 8 jours après parution de ce communiqué.
Aucune réclamation ne sera prise en compte après ce délai.


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