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Redressement financier
9 octobre 2004

Vente d’un bâtiment, réduction de 11% des indemnités des élus, suppression de 17 postes : l’addition est lourde pour le plan de redressement. Même si l’État et les collectivités acceptent d’aider financièrement la structure.
Hier, la Chambre d’agriculture tenait une session plénière extraordinaire, en présence du préfet. Le plan de redressement proposé permettrai à la Chambre d’agriculture de présenter un budget primitif équilibré dès 2007, au moins en ce qui concerne les dépenses et recettes courantes de fonctionnement.
"Cette session concrétise un travail de réflexion collectif qui a duré plusieurs mois et qui avait un double objectif", indique le président de la Chambre d’agriculture, Guy Derand, dans son rapport moral. "Nous libérer du poids du déficit historique que nous supportons depuis notre arrivée en 2001, et nous adapter à la réduction programmée de certains de nos financements européens et nationaux".
Pour alléger le passif historique qui pèse depuis 2001 sur la structure, l’État, la Région Réunion et le Département envisagent chacun un effort financier de 80.000 euros, "de même que la possibilité de différer les remboursements des emprunts contractés auprès d’eux par la Chambre d’agriculture jusqu’en 2007", précise Guy Derand.
L’État devrait intervenir auprès du fonds national de péréquation des chambres d’agriculture pour demander un différé jusqu’en 2007, et la remise totale ou partielle du remboursement des emprunts contractés par la Chambre.
Les reliquats de crédits DOCUP-SUAD antérieurs à 2004 et non utilisées pourront être réutilisées en 2005 et 2006. Pour Guy Derand, cela aura un impact positif de 495.400 euros en 2004 et de 255.400 euros les années suivantes. Il rappelle que l’effort des autorités de tutelle s’accompagne du concours des membres de la chambre, en termes de réduction à hauteur de 11% des indemnités des élus, par exemple.
Par contre, les agriculteurs réunionnais doivent également mettre la main à la poche. Le montant global de la ligne de recette "prestations" sera en effet augmenté de 10% d’ici le 1er janvier 2007 par rapport à la somme inscrite au budget primitif 2004. S’ajoute à cela la suppression sur 3 ans de 17 postes.
"L’impact social de ces suppressions est atténué puisqu’elles ne seront pas accompagnées de licenciements, et que nous nous appuyons uniquement sur des départs à la retraite et des départs spontanés", indique Guy Derand.
Par ailleurs, la Chambre et ses partenaires financiers concernés vont mener une réflexion d’ici le 1er janvier 2007 sur les missions de la Chambre et leur évolution. Il sera recherché la simplification des programmes d’actions et des mises à disposition d’agents au sein des structures de développement agricole et des filières. Le bâtiment de l’antenne Sud de la Chambre sera vendu à la direction de l’agriculture et de la forêt (DAF) pour un montant conforme à l’évaluation des domaines.
Bbj
Un comité de suivi est créé
La Chambre d’agriculture doit montrer patte blanche, notamment en ce qui concerne ses dettes fiscales et sociales. La Chambre devait au préalable payer au début septembre dernier les charges salariales mensuelles courantes à hauteur de 210.000 euros et au début octobre 2004 le précompte courant (cotisations ouvrières) dont le reliquat s’élève à 362.723 euros. Ces préalables remplis, le remboursement des cotisations patronales en retard (685.202,36 euros) sera étalé sur 2005, 2006 et 2007, à hauteur de 19.033,39 euros mensuels.
Les pénalités et intérêts de retard sont sorties du plan d’étalement et seront réexaminés par la commission de recours amiable de la Sécurité sociale. On note qu’il sera créé un comité de suivi regroupant le directeur financier de la chambre, le Trésor public, le comptable public compétent, et les représentants des services de l’État, qui se réunira chaque mois entre le 1er octobre 2004 et le 1er janvier 2007.
Les représentants des Conseils régional et général pourront être associés à ces réunions.
Bbj
La Chambre veut continuer sa lutte
Même dans la tourmente, le président de la Chambre d’agriculture pense à l’essentiel : les agriculteurs. Les restrictions financières de l’Europe et de la France, si elles constituent des contraintes importantes, " ne nous empêcheront pas de mettre en application notre projet d’entreprise", insiste le président. Il explique que l’agriculture réunionnaise ne pourrait que se porter mieux, si l’accès à la commande publique des productions locales était facilité.
"Il est regrettable de constater que la part de ces productions dans les restaurants et les cantines publiques est pratiquement inexistante, en particulier pour les fruits", poursuit-il. Il soulève également le problème du fret aérien, dont le coût mériterait d’être baissé et stabilisé. Ces problèmes avaient été évoqués lors de la récente visite du ministre de l’Agriculture et de la Pêche, Hervé Gaymard.
La Chambre souhaite continuer sa lutte pour la bonne survie de l’agriculture réunionnaise. Les plus pessimistes se demandent si elle ne doit pas d’abord se sauver elle-même.
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