Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Face à la crise du système néocolonial français, à quand le réveil ?
15 novembre 2025, par

La Chine renforce sa coopération avec l’Afrique dans le cadre de son 15e plan quinquennal, tandis que La Réunion reste à l’écart, enfermée dans l’illusion d’être une île européenne. Pourtant, l’île fait face à de graves pénuries d’emploi, de logement et à un retard en transports que les aides françaises et européennes ne peuvent pas régler. L’ouverture vers l’Asie, notamment l’expertise ferroviaire chinoise, pourrait offrir des solutions. Reste à savoir si La Réunion saisira cette dynamique ou sera contrainte à l’isolement.
Un article paru ce 14 novembre dans « Midi Madagasikara » souligne une fois de plus l’ampleur du mouvement en cours : la Chine renforce sa coopération avec l’Afrique, et cela sous l’impulsion directe du Parti communiste chinois (PCC). Tandis que le continent saisit ces nouvelles opportunités, une question brûlante se pose : La Réunion continuera-t-elle à s’isoler, enfermée dans l’illusion d’être une enclave européenne au milieu de l’océan Indien, ou décidera-t-elle enfin de regarder son environnement régional et les perspectives qu’il offre ?
Car pendant que les pays africains discutent d’investissements massifs, de technologies nouvelles et de développement d’infrastructures, La Réunion fait face à trois crises structurelles majeures : une pénurie massive d’emplois, une crise aiguë du logement, et un retard historique en matière de transports collectifs, conséquence directe de l’abandon du rail depuis plus de cinquante ans. Pendant que le monde bouge, notre île reste bloquée, arc-boutée sur un modèle dépassé.
En Chine, la tenue à Pékin de la quatrième session plénière du XXe Comité central du PCC marque une étape stratégique. L’élaboration du 15e plan quinquennal (2026-2030) poursuit une logique de développement planifié, cohérent et progressif, qui a permis au pays de sortir de la pauvreté pour devenir une puissance industrielle majeure. Avec une croissance moyenne annuelle de 7,9 % depuis 1952 et près de 30 % de la valeur manufacturière mondiale, la Chine s’est transformée en quelques décennies grâce à une vision structurée, à long terme. Le PIB par habitantde plus de 10000 euros y est nettement supérieur au revenu annuel de la majorité des Réunionnais, appauvris par le système néocolonial français.
Ce que rappelle l’ambassadeur Ji Ping à Madagascar, c’est la capacité de la Chine à associer stabilité politique, planification économique et ouverture internationale. Et c’est précisément cette ouverture qui se renforce en Afrique : investissements dans l’énergie, construction d’infrastructures, réseaux ferroviaires à grande vitesse, modernisation portuaire, transfert de technologies… Une dynamique puissante est en marche, et elle touche toute la région sud-ouest de l’océan Indien.
La question n’est donc pas de savoir si l’Afrique va avancer avec la Chine : c’est déjà le cas. La question, c’est : La Réunion va-t-elle rester figée sur le bas-côté ?
Les Réunionnais continuent trop souvent à penser vivre comme dans une « île européenne », déconnectée de son espace géographique, l’Afrique. Pourtant, la France elle-même renforce ses partenariats avec l’Asie. Pourquoi La Réunion devrait-elle renoncer à toute stratégie d’ouverture régionale ? Pourquoi devrions-nous nous interdire de coopérer avec une puissance mondiale dont l’expertise ferroviaire, par exemple, pourrait transformer notre île en profondeur ?
Le rail, dont la Chine est aujourd’hui le leader mondial incontesté, pourrait permettre de désengorger nos routes, de réduire notre dépendance automobile, d’ouvrir des milliers d’emplois et de moderniser notre économie. C’est précisément ce type de partenariat que saisissent Madagascar, l’Éthiopie, le Kenya ou la Tanzanie. Pendant ce temps, La Réunion continue de débattre de mesures marginales.
L’histoire est en marche. L’Afrique avance. La coopération sino-africaine se renforce. La Réunion choisira-t-elle la stagnation ou l’ouverture ? Refuser de regarder les opportunités régionales, c’est condamner notre territoire à rester une dépendance fragile, dans un sous-développement chronique.
Il est temps d’affronter la réalité : si La Réunion veut créer des emplois, construire des logements décents et rattraper son retard en transports, elle devra s’inscrire dans les dynamiques de son environnement. Sans cela, l’isolement volontaire restera le plus sûr moyen de ne jamais sortir des crises qui nous étouffent.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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