Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
Situation alarmante
21 février 2015, par

L’Insee vient d’annoncer le recul des prix à la consommation de 0,4 % sur un an, cette donnée entraîne sur le long terme une déflation du pays. Une situation alarmante pour les économistes, car la déflation peut durer plusieurs années et enfermer dans un cercle vicieux les entreprises et les ménages qui reporteront leurs achats de bien.
« Ce serait une catastrophe de rentrer dans la spirale déflationniste », a expliqué Michel Musolino, professeur d’économie, au quotidien Metronews. Cette situation inédite depuis 2009 est observée avec minutie, car la déflation – qui est un recul généralisé et durable des prix (Insee) – est le point noir de tout gouvernement. Pour le moment, elle ne s’est pas encore installée, selon certains observateurs elle peut être évitée.
La déflation est donc une baisse généralisée des prix en fonction de l’offre et de la demande. Ainsi cette diminution entraîne le report des achats des entreprises et des ménages qui espèrent pouvoir les payer moins cher plus tard. Cette attitude conduit à la baisse de la demande, c’est-à-dire de la consommation, ce qui conduit à la baisse du pouvoir d’achat et des prix.
La baisse des prix entraîne aussi la baisse des marges des entreprises, qui les poussent à baisser les salaires et les investissements, mais aussi à licencier. Enfin la baisse des prix a des conséquences sur les capacités de remboursement des entreprises et des ménages, car le poids des dettes, comparé aux revenus, est plus élevé.
Ces trois aspects (report des achats, baisse des salaires et investissements, difficulté de remboursement) sont le résultat de la baisse des prix, mais chacun de ces effets entraîne aussi une baisse des prix. Ainsi, le serpent se mord la queue et la seule solution d’après certains économistes, seraient un changement radical de politique économique, afin d’éviter des conséquences sociales néfastes telles que la pauvreté, le chômage et la précarité.
La France rejoint la liste des pays européens dont les prix à la consommation diminuent en variation annuelle. Parmi ces pays l’Allemagne, la Grèce où encore l’Espagne, font face à ce phénomène depuis plusieurs années. D’ailleurs, la zone euro subit depuis deux mois des taux d’inflation négatifs, laissant présager une déflation inquiétante dans la zone euro, qui subit déjà une crise de la dette souveraine.
Pour certains économistes, la situation est due aux politiques budgétaires, imposées par Bruxelles. La cure d’austérité infligée dans les pays de la zone euro, a conduit à une spirale infernale, ne permettant pas à la croissance de s’élever. D’ailleurs, l’Allemagne et la France n’ont pas vu venir les effets des coupes budgétaires sur l’activité et l’emploi, encourageant même les baisses de rémunération des fonctionnaires dans les pays les plus touchés par la crise.
Pour sortir de cette situation, des économistes cités par Libération, préconisent : la fin de « cette logique de mise en compétition des pays de la zone euro ». Pourtant, la Banque Centrale Européenne fait tout le contraire en diminuant la valeur de l’euro vis-à-vis du dollar et en rendant plus compétitifs les produits Made in Europe.
Bien que cette méthode a fonctionné aux Etats-Unis, sans faire décoller la consommation au Japon, le contexte économique européen est très différent. Raison pour laquelle, « rien ne permet donc pour l’heure de savoir si cette version moderne de la planche à billets parviendra à rompre le cercle vicieux », a expliqué Michel Musolino.
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