Economie

La pêche artisanale menacée de disparition à La Réunion

A cause de décisions de l’Etat

Manuel Marchal / 27 juin 2019

Lors de la conférence de presse de la Production locale réunie hier à Saint-Denis, la première profession à s’exprimer a été celle des pêcheurs, durement touchée par le retard pris par l’État dans l’application d’un règlement européen ouvrant le droit à des aides d’État spécifiques à La Réunion.

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Gérard Zitte, président de l’ARIAPA, structure regroupant des artisans pêcheurs, indique qu’au bout de 10 ans de bataille, une dérogation a été obtenue en novembre dernier auprès de l’Union européenne pour autoriser l’État à subventionner le renouvellement de la flotte des bateaux de plus de 12 mètres.

Mais 7 mois plus tard, le gouvernement n’a pas encore mis en place le dispositif pour accompagner ce renouvellement de la flotte malgré des demandes répétées, ainsi que 6 rencontres à Paris et 2 à Bruxelles auxquelles a participé le président de l’ARIAPA. 10 navires sont concernés, mais s’ils ne sont pas renouvelés, alors ils ne se risqueront plus à pêcher en haute mer. Ils resteront près des côtes et seront des concurrents de la pêche artisanale. « Chaque navire largue 1500 hameçons, ce seront donc 15000 hameçons qui seront autour de La Réunion, les petits pêcheurs ne résisteront pas à cette concurrence », dit en substance Gérard Zitte.

Les pêcheurs sont aussi mis en demeure de rembourser une aide à cause d’une erreur d’interprétation par le ministère du règlement européen : « nous ne pouvons plus accepter que l’État joue avec nos emplois et nos investissements alors que l’on a fait tout ce que l’État a demandé », conclut le représentant des pêcheurs.