Economie

La promesse du Khartala

Energies renouvelables dans les Comores

2R2D : Réseau des Reporters en Développement Durable - Océan Indien / 26 décembre 2017

Le volcan qui domine de ses 2361 mètres d’altitude l’île de Grande-Comore pourrait révolutionner la vie des habitants.

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Selon une étude menée par des chercheurs néo-zélandais, la température des eaux contenues dans le sous-sol du massif, dont le cratère est l’un des plus larges au monde, approcherait les 300 degrés. Suffisant pour envisager de construire là-haut une centrale géothermique. Les eaux chaudes produiraient de la vapeur qui alimenterait une turbine électrique. Selon les projections, le potentiel du chaudron de feu serait de 40 mégawatts, alors même que la consommation actuelle de l’île avoisine les 13 mégawatts. Cela en serait fini des délestages et coupures de la Ma-Mwe, l’entreprise publique qui détient à ce jour le monopole de la production et de la distribution électrique aux Comores. L’État réaliserait en outre d’importantes économies, puisque l’eau volcanique serait gratuite, contrairement au diesel importé à grands frais.

Mais avant d’en arriver là, il faut consentir d’énormes investissements. Pour creuser des forages, de 1600 à 1900 mètres de profondeur, valider les études et atteindre les nappes phréatiques, 47 millions de dollars seront nécessaires. L’Uni
on Africaine, la Nouvelle-Zélande et les ONG ont promis 21 millions, assure Mohamed Chaheire, le directeur technique du Bureau géologique des Comores. « C’est la phase à risque du projet, car on doit mobiliser les fonds publics », concède-t-il. Le spécialiste se montre en revanche optimiste pour la construction de la centrale en elle-même, une fois les tests validés. Le ticket d’entrée avant de pouvoir vendre des kilowatts volcaniques, sera tout de même de 73 millions de dollars…

2R2D Réseau des Reporters en Développement Durable Océan Indien

Nazir Abderemane Daoud