Conséquence de la crise financière

La récession touche le monde

20 novembre 2008, par Risham Badroudine

La conjoncture mondiale continue à se détériorer, selon les chiffres publiés lundi, avec l’entrée du Japon en récession. Aujourd’hui, on peut considérer que la zone euro, le Royaume-Uni, les USA et le Japon sont touchés par la récession. Le chômage y augmente, la croissance du PIB par tête est proche de zéro ou carrément négative, et la production industrielle est en baisse. Les commandes à l’exportation dans le Groupe des Sept (G7) plongent littéralement depuis la mi-2008.
La récession est là. Tous les instituts de conjoncture en conviennent. Après le FMI la semaine passée, c’est au tour des économistes de l’OCDE de pronostiquer une véritable récession économique aux Etats-Unis, au Japon et dans la zone euro. La crise immobilière n’est plus cantonnée aux Etats-Unis ou à quelques économies européennes. La confiance des chefs d’entreprise plie et le chômage progresse dans l’ensemble des régions du monde.

L’Occident rentre en récession. La zone euro est touchée. L’Union européenne a annoncé vendredi dernier que les 15 pays de la zone euro sont entrés en récession alors que les chiffres indiquent que leurs économies se sont contractées pour un deuxième trimestre consécutif en raison de la crise financière et de la baisse de la demande. Selon les statistiques officielles, l’économie de la zone euro s’est contractée de 0,2% aux deuxième et troisième trimestres.

L’Allemagne : premier exportateur mondial en récession

Par ailleurs, Eurostat précise que l’Allemagne et l’Italie sont également entrées en récession à titre individuel. Le PIB allemand a, en effet, reculé de 0,5% au troisième trimestre 2008, davantage que les 0,2% attendu par les économistes, après un repli de 0,4% au deuxième trimestre.
Avec deux trimestres consécutifs de recul du PIB, l’Allemagne est donc officiellement en récession. Le tassement de la demande étrangère a contribué fortement aux mauvais résultats, alors que la demande intérieure allemande résistait. Face à une situation aussi dégradée, le Comité allemand des “sages”, chargés de conseiller le gouvernement, incite Berlin à la mise en œuvre d’un plan d’investissement de long terme ciblant quelques industries. Ils recommandent des investissements publics jusqu’à 1% du PIB l’an prochain, soit quelque 25 milliards d’euros. C’est une première pour une commission en général plus économe des deniers publics. Un signe que la situation est grave.

Le Japon, deuxième économie mondiale, entre également en récession

Le Japon, deuxième économie mondiale, est entré à son tour en récession au troisième trimestre, happé par la crise financière qui a donné un coup de frein brutal aux investissements de ses entreprises, a annoncé lundi le gouvernement.
Le Produit Intérieur Brut (PIB) japonais a reculé de 0,1% par rapport au deuxième trimestre, et de 0,4% en rythme annuel, plombé par un recul prononcé des dépenses en capital des sociétés. Ces dernières sont frappées de plein fouet par la chute de la demande américaine et par les difficultés pour obtenir des financements auprès de banques de plus en plus méfiantes.
Ces chiffres marquent l’entrée formelle du Japon en récession, définie par au moins deux trimestres consécutifs de baisse du PIB. Au deuxième trimestre, le PIB s’était déjà contracté de 0,9% par rapport au trimestre précédent (-3,7% en rythme annuel), selon des statistiques officielles révisées publiées lundi.
Ces chiffres « montrent que l’économie est entrée dans une récession. Le risque existe pour que la situation empire davantage », a reconnu le ministre de la Politique économique et budgétaire, Kaoru Yosano.
Cette récession est la première au Japon depuis 2001, quand le PIB avait chuté pendant trois trimestres après l’éclatement de la "bulle internet".

« Cette récession sera longue et douloureuse »

Le Japon rejoint ainsi la zone euro, l’Allemagne, l’Italie ou encore l’Irlande dans la liste des pays et territoires entraînés dans la récession par la crise financière mondiale. La plupart des économistes prédisent qu’ils seront bientôt rejoints par les Etats-Unis.
Le recul du PIB japonais s’explique par une dégringolade de 6,7% en rythme annuel des investissements en capital des sociétés.
La plupart des entreprises japonaises se sont serrées la ceinture, évitant de construire de nouvelles usines ou retardant leurs achats d’équipements en prévision d’une chute de la demande aux Etats-Unis, premier client des exportations nippones. A cela s’ajoute la réticence des banques à prêter.
« Le tarissement du crédit frappe très durement les entreprises les plus petites et les plus jeunes », commente Noriko Hama, économiste à l’Université Doshisha de Kyoto.
« Vu la situation mondiale, je crois que cette récession sera longue et douloureuse. Après tout, quand des crises financières de cette magnitude surviennent, comme ce fut le cas au Japon dans les années 1990 ou dans le monde dans les années 1930, la récession dure en général dix ans », avertit Mme Hama.
L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) prédit que la récession se poursuivra au Japon au quatrième trimestre, avec un PIB attendu en recul de 1,0% en rythme annuel.

Les Etats-Unis au bord de la récession

La récession n’est plus qu’une question de semaines aux Etats-Unis, et une fois installée, elle devrait se prolonger jusqu’au deuxième trimestre 2009. C’est du moins ce qui ressort de la dernière enquête du National Association for Business Economics (NABE), un organisme américain spécialisé dans l’analyse des cycles économiques, publiée lundi. Le NABE prévoit une contraction du PIB ajustée de l’inflation à 2,6% pour le quatrième trimestre et de 1,3% pour les trois premiers mois de l’année 2009. Une enquête trimestrielle montre aussi que les économistes prévoient une moyenne de 222.400 suppressions d’emplois par mois au quatrième trimestre, soit près de cinq fois le chiffre estimé lors de l’enquête précédente en août (45.400).
Le monde en récession (voir carte) représente aujourd’hui 58,4% du PIB mondial.

Risham Badroudine


210 millions de chômeurs dans le monde, selon l’OIT

L’Organisation Internationale du Travail (OIT) a averti que la crise financière mondiale pourrait augmenter le nombre de chômeurs dans le monde d’environ 20 millions.
Le directeur général de l’OIT, Juan Somavia, a indiqué que les estimations préliminaires de son organisation montraient que le nombre de chômeurs pourrait passer de 190 millions de personnes en 2007 à 210 millions à la fin de 2009.
« Il faut des actions gouvernementales promptes et coordonnées pour éviter une crise sociale qui pourrait être grave, durable et mondiale », a déclaré Juan Somavia dans un communiqué transmis à la PANA.
Sur la base des estimations révisées de la croissance mondiale par le Fonds monétaire international (FMI) et de rapports suggérant une hausse des pertes d’emplois dans la plupart des données disponibles, le directeur général de l’OIT a déclaré : « le nombre de travailleurs pauvres vivant avec moins d’un dollar US par jour pourrait augmenter de 40 millions et ceux avec deux dollars US par jour de plus de 100 millions ».
Selon lui, la crise actuelle va toucher surtout les secteurs de la construction, de l’automobile, du tourisme, des finances, des services et de l’immobilier.
Il a noté que les nouvelles prévisions « pourraient être sous-estimées si les effets de la crise économique actuelle et ceux de la récession qui s’annonçait n’étaient pas rapidement contrés ».
« Il ne s’agit pas simplement d’une crise à Wall Street, c’est une crise qui touche tout le monde. Il faut un plan de sauvetage économique pour les familles qui travaillent et l’économie réelle, avec des règles et politiques qui créent des emplois décents ».

Risham Badroudine


Le Monde entre en récession

Les pays en récession représentent 58,4% du PIB mondial ! La plus grave crise depuis les années 30, selon le FMI.

Le FMI revoit les taux à la baisse

Le Fonds Monétaire Internationale (FMI) a revu considérablement à la baisse ses projections pour la croissance économique mondiale pour cette année et l’année prochaine.

« L’économie mondiale entre dans une récession majeure suite au choc le plus dangereux que les marchés financiers matures aient connu depuis les années 1930 », a déclaré le FMI dans un rapport sur les Perspectives économiques mondiales.
Dans un contexte d’incertitude exceptionnelle, la croissance globale devrait passer de 5% en 2007 à 3,9% en 2008 et 3% en 2009. Ces projections sont bien en dessous de celles établies par le FMI en juillet 2008. Les pays de l’Europe de l’Ouest, d’Amérique du Nord ainsi que le Japon sont entrés en récession ou une situation proche de la récession. Dans le reste du monde, la croissance économique est revue largement à la baisse.

Risham Badroudine

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