MEDEF Réunion : projet réunionnais centre du débat de la présidentielle à La Réunion
3 septembre, parUn manifeste construit à La Réunion
22 décembre 2005, par

L’entreprise traditionnelle du 19ème siècle est en grande majorité axée sur le marché national. Or, aujourd’hui, on assiste à un passage d’une logique axée sur le marché national à une logique axée sur le marché mondial. Les multinationales décident des lieux de production en raisonnant dans un cadre mondial. Nous sommes pris dans une réalité complexe : locale, régionale, nationale et mondiale.
Contrairement aux thèses libérales, les gains à l’échange international ne se diffusent pas auprès de l’ensemble des participants. Les inégalités entre les pays se sont accrues. En effet, selon la Banque mondiale, les pays riches pesaient 77% de l’économie de la planète en 1980 pour 19% de la population mondiale. En 2004, ils représentent 80% pour 16% de la population mondiale. Le revenu par habitant de l’ensemble des pays en développement a chuté de 28% de la moyenne mondiale, à 23% (La Chine et l’Inde ne s’inscrivent pas globalement dans cette tendance). Un sixième des humains disposent de 80% des ressources mondiales ; deux sixièmes de 3%.
Les pays du Tiers Monde ne représentent qu’un peu plus du quart du commerce mondial. Globalement, la spécialisation des pays, malgré la progression des exportations de produits manufacturés de quelques pays (Chine, Inde...) demeure traditionnelle : l’exportation reste largement dominée par les produits primaires et l’importation par les produits manufacturés.
Les pays qui restent confinés dans la production de produits de base sont marginalisés. Pour accroître leurs ventes, ils ne peuvent que baisser leur prix, si bien qu’ils sont victimes de la détérioration des termes de l’échange : le prix de leurs exportations diminue, tandis que celui de leurs importations augmente. À moins de s’endetter, un pays ne peut dépenser plus de devises qu’il n’en gagne. C’est le drame de nombre de pays endettés : pour rembourser, il leur faut dégager des excédents commerciaux, c’est-à-dire comprimer la dépense intérieure (en comprimant les importations), donc le niveau de vie.
L’industrialisation du Tiers Monde est confrontée à de nombreuses difficultés. La colonisation ruina certains artisanats locaux et bloqua le développement industriel. Aujourd’hui, ces pays doivent faire face à une insuffisance de la demande car les marchés locaux restent limités (pauvreté des populations, encore très rurales), mais aussi la concurrence impitoyable des firmes occidentales.
Dans ce cadre, un véritable “apartheid mondial” s’est instauré entre très riche et très pauvre. Un apartheid à la fois inacceptable sur le plan éthique et intenable du fait de l’intensification des échanges (biens, hommes, capitaux, informations...).
La “main invisible” définie par Adam Smith ne règle pas le marché mondial. Mais ce sont plutôt les rapports de forces entre nations tels décrits par Karl Marx qui s’expriment.
Risham Badroudine
Un manifeste construit à La Réunion
Mézami zot i koné laba dann bannzil Caraïbe néna in pti zil i apèl Bonaire é pti zil la l’apré lité pou défann son lanvironeman. Mèm étan koloni (…)
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