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Illustration de la dépendance des Réunionnais à l’énergie importée
3 mai 2022, par

« Les stations-service font-elles encore le plein ? » : l’étude de l’IEDOM sur les stations-service de La Réunion datée d’avril 2022 et diffusée hier donne une idée de l’ampleur du défi pour arriver à l’autonomie énergétique de notre île. 547 millions de litres de carburants importés ont été vendus en 2019, et sans changement, ce seront plus de 612 millions de litres qui seront importés en 2035. Même si 40 % du parc automobile était électrifié à cette date, il faudrait encore importer 365 millions de litre. À quel tarif ?
Depuis l’importation à La Réunion du tout-automobile, la croissance du nombre de voitures, de camions et de bus est incessante. La casse du projet du tram-train en 2010 a privé les Réunionnais d’une alternative. En conséquence, le parc automobile a quasiment doublé entre 2000 et 2019, en moins de 20 ans.
La courbe des ventes de carburants importés a suivi la même tendance, souligne l’étude de l’IEDOM « Les stations-service font-elles encore le plein ? » :
« En 2019, 547 millions de litres de carburants ont été distribués dans les stations-service de l’île : trois quarts de gazole et un quart de sans-plomb. Les ventes de carburants progressent de 40 % entre 2000 et 2019, soit un rythme inférieur à celui du nombre de véhicules (+91 % sur la même période). Sans modification des comportements des ménages, le scénario d’évolution du parc automobile se traduirait par une hausse de 12 % des ventes des carburants d’ici à 2035 ».
Cela signifierait plus de 612 millions de litres d’une énergie importée dont le prix dépend de la spéculation sur celui du pétrole. La guerre en Ukraine illustre combien cette spéculation peut faire monter brutalement le prix, avec d’importantes conséquences pour les Réunionnais. En 2035, le nombre de véhicules fonctionnant à l’essence sera sans doute dans le monde bien plus important qu’aujourd’hui. Comme l’énergie est un marché, si la demande augmente et que l’offre ne suit pas la même tendance, le prix augmente.
Mais l’étude de l’IEDOM propose une alternative avec l’électrification du parc automobile. En effet, l’Union européenne propose d’interdire la vente de voitures à moteur à essence à partir de 2035.
« En revanche, une progression des véhicules électriques dans le parc automobile réunionnais basée sur les scénarios de réseau de transport d’électricité (entre 20 % et 40 % du parc à horizon 2035) impliquerait un recul des ventes de 10 % à 33 % par rapport à 2019 ». Malgré tout, cela situerait la consommation de carburants importés entre 365 et 493 millions de litres sans que l’on puisse connaître quel sera le prix de cette énergie.
Ce scenario indique également qu’en 2035, l’autonomie énergétique de La Réunion sera encore loin d’être atteinte.
M.M.
2016-2026 : 10e anniversaire de la disparition de Paul Vergès.
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