Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
Etude de l’INSEE et du Conseil général
14 octobre 2013

Jusqu’à 63% de demandeurs d’emploi dans certains quartiers, c’est ce que révèle notamment une étude de l’INSEE et du Conseil général. Voici le communiqué présentant cette publication.
La Réunion fait face à une très forte précarité monétaire, qui varie principalement en fonction des difficultés d’accès à l’emploi. Les fragilités sociales ne sont pas homogènes sur l’ensemble du territoire. Cette diversité est représentée à travers la cartographie de 114 grands quartiers classés des plus précaires aux plus aisés. Les 114 grands quartiers de l’île sont très différents : certains quartiers sont très défavorisés et concentrent les difficultés, d’autres plus aisés nécessitent moins d’aide. Il y a par exemple de 5% à 28% d’allocataires du RSA, ou de 17% à 63% de demandeurs d’emploi selon les quartiers.
La géographie de la précarité est liée à l’emploi
La précarité monétaire est le principal facteur qui distingue les quartiers. Sa géographie est très liée à celle de l’emploi. La précarité monétaire est mesurée par la part des bénéficiaires du RSA et de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C), ainsi que par la part des ménages dont les revenus dépendent totalement des prestations sociales. Les quartiers les plus aisés sont ceux où les habitants sont le plus souvent en emploi. Les quartiers se distinguent aussi par leur vulnérabilité, observée au travers de la composition familiale, du niveau de diplôme ou des caractéristiques de l’habitat.
L’analyse des indicateurs sociaux permet de classer les 114 grands quartiers de La Réunion en six groupes, du plus précaire au plus aisé. Les trois groupes de quartiers les plus défavorisés (groupes 1 à 3) abritent 441000 personnes, soit plus de la moitié des Réunionnais.
Groupe 1 : Quartiers plus jeunes qui cumulent les difficultés : 71000 habitants (9% de la population)
Leurs habitants vivent dans les quartiers où se concentrent les indicateurs de précarité les plus élevés. Seulement 33% de la population en âge de travailler est en emploi, 23% de la population est allocataire du RSA et 48% est couverte par la CMU-C. Les familles nombreuses ou monoparentales y sont très présentes et les jeunes sont plus qu’ailleurs en situation de vulnérabilité : 55% des 16-24 ans non scolarisés n’ont pas de diplôme.
Groupe 2 : Quartiers de propriétaires pauvres et ruraux : 63000 habitants (8%)
Ce sont des quartiers ruraux et isolés, principalement au Sud. Avec 18% d’allocataires du RSA et 42% de personnes couvertes par la CMU-C, le recours aux prestations sociales reste important. La part de demandeurs d’emploi y est très forte (51%). Ces quartiers se caractérisent également par de nombreux propriétaires de leur logement (68%).
Groupe 3 : Quartiers pauvres et moins enclavés : 307000 habitants (38%)
Plus du tiers des Réunionnais vivent dans ces quartiers en centres-villes ou à proximité. L’accès à l’emploi se rapproche de la moyenne départementale mais reste inférieur : 41% des 15-64 ans ont un emploi. L’habitat collectif est répandu et la suroccupation des logements assez fréquente (21%).
Groupe 4 : Quartiers mixtes dans la moyenne départementale : 165000 habitants (20%)
En périphérie des centres urbains ou petites communes proches des bassins d’emploi, les habitants de ces quartiers ont un profil très proche de la moyenne réunionnaise en matière de précarité : 44% des 15-64 sont en emploi et 15% sont allocataires du RSA.
Groupe 5 : Nouveaux quartiers résidentiels:148000 habitants (18%)
Ces nouveaux quartiers résidentiels se développent en périphérie des principaux bassins d’emplois. Leurs habitants sont plus souvent en emploi (51% des 15-64 ans). Les jeunes y sont plus diplômés et mieux insérés.
Groupe 6 : Quartiers plus aisés : 62000 habitants (8%)
Ces quartiers sont les plus aisés : ils profitent à la fois de la proximité des bassins d’emplois et d’un cadre de vie attractif. Le taux d’emploi y est le plus élevé des six groupes (59%). Cependant, une part importante de la population demeure vulnérable : le taux d’allocataires du RSA y reste deux fois supérieur à la moyenne nationale.
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