Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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Augmentation du coût de l’engrais
18 août 2007

Après l’action conduite jeudi matin sur la plate-forme de Bois-Rouge, pour demander « le soutien actif des industriels du sucre dans [la] lutte contre l’augmentation du coût de l’engrais », la motion des planteurs examine les problèmes urgents posés par cette augmentation - qui « met en péril la production cannière » - et formule des demandes qui seront au cœur de la prochaine réunion de la CPiCS, mardi 22 août à 14h30. Alors que le marché de l’engrais pour la canne à sucre représente 25.000 tonnes, le problème est désormais : comment les remplacer ?
Témoignages : Face à ce problème du coût de l’engrais, planteurs et usiniers ont une même approche. Comment voyez-vous l’utilisation des matières organiques péi ?
- E.S : L’écume est gratuite. La cendre est vendue 1 euro/tonne par les usines thermiques. Mais lorsqu’on avait commencé à épandre la cendre, elle était gratuite. C’est pourquoi nous demandons qu’elle soit mise à disposition gracieusement. Concernant la vinasse, le problème n’est pas une question de prix mais de réglementation. La vinasse est considérée comme un déchet industriel et on n’a pas le droit de l’épandre sur des cultures, contrairement à ce qui se fait dans les autres pays producteurs de canne à sucre.
Comment pensez-vous résoudre les problèmes posés ?
- Nous avons, en cours, une étude sur ces produits de substitution. Cela compenserait partiellement l’engrais, mais il y aurait des problèmes de transport. De Bois-Rouge à Saint-Benoît, le transport des cendres, de l’écume et de la vinasse ne poserait pas trop de difficulté. Au-delà de Saint-Benoît, les planteurs estiment que le coût d’épandage et le transport rendent cet usage non-viable économiquement.
L’étude cherche à définir les surcoûts de l’amendement pour les planteurs cultivant la canne au-delà de Saint-Benoît. Il y a des solutions, qui seront évoquées lors de la réunion de mardi.
Et les énergies renouvelables. Peuvent-elles à terme vous apporter une solution ?
- Par rapport à cela, il y aurait les boues d’épuration, mais les industriels ont un contrat de vente de leur sucre qui pose encore un problème de réglementation. Il y aurait aussi le lisier utilisé par les éleveurs, mais il doit être transporté par des camions homologués, et cela revient très cher.
Ce qui est sûr, c’est que la solution passe obligatoirement par l’utilisation de matières péi, parce que ni les matières premières ni le transport (fret) ne vont diminuer.
Propos recueillis par P. David
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