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L’analyse de la crise du capitalisme par la journaliste Naomi Klein
13 février 2009

Suite à la parution du nouveau livre de Naomi Klein, ’La stratégie du choc’ (Actes Sud), John Paul Lepers a interviewé cette journaliste et écrivaine canadienne. Voici les quelques extraits de cet entretien parus en trois parties sur le site de ’La Télé Libre’ (1).
Pour Naomi Klein, « l’une des choses qui empêche les gens d’agir, c’est l’idée que nous sommes impuissants. Nous l’entendons tout le temps. Tous ceux qui ont moins de 40 ans ont grandi avec l’idée que le gouvernement est le problème, pas la solution ».
Dans la première partie de l’interview, cette spécialiste du “capitalisme du désastre” rappelle la stratégie de l’idéologie “néo-libérale” : profiter des crises pour installer un peu plus le système du “laissez-faire”. Un système qui fonctionne sur les bulles spéculatives et le secours de l’État en cas de problème. Quand elles gonflent, les spéculateurs font des profits et « quand les bulles éclatent, l’État intervient et nationalise la dette, nationalise le risque ».
Une stratégie politique
Elle donne l’exemple édifiant du cyclone à la Nouvelle-Orléans. Selon elle, ce n’est pas le cyclone “Erika” qui a détruit la ville, mais c’est la démission de l’État sur tous les services publics (notamment l’entretien des digues), qui a favorisé la catastrophe.
« En fait, si vous vous rendez à la Nouvelle-Orléans aujourd’hui, vous verrez la vision de la reconstruction de l’administration Bush : elle consiste à détruire l’Etat et le service public. Dont le réseau des écoles publiques. Et pour l’ensemble des logements sociaux, c’est pareil. La Nouvelle-Orléans accueille beaucoup de logements sociaux. Dès que la ville était sous les eaux, des hommes politiques et des lobbyistes ont déclaré : "maintenant, nous pouvons fermer le projet de logement". Un homme politique républicain disait : "nous ne pouvions pas arrêter le projet, mais Dieu l’a fait".
Le capitalisme a voulu oublier la crise de 29
Lors de la deuxième partie de l’interview, Naomi Klein nous met en garde contre l’impression donnée par les dirigeants libéraux. Que ce soit Bush ou Sarkozy, tous s’efforcent de nous convaincre qu’ils veulent s’attaquer à la crise. Selon la journaliste, ils n’ont en fait qu’une idée en tête, continuer le travail entrepris depuis des années : briser les acquis sociaux obtenus par les travailleurs au siècle dernier.
Elle est très féroce avec Bush, qui a pris ses distances avec les traders de Wall Street : « il a déclaré que Wall Street était “ivre” des profits, comme s’il y était étranger. Or, c’est lui qui servait à boire, c’était lui le barman, et il a fait semblant de tout découvrir ».
Elle revient sur la crise de 1929 et sur les outils mis en place lors du New Deal pour réguler le système anarchique des banques.
« Après le krach financier de 1929, un choc est survenu dans le système et Franklin D. Roosevelt a fait voter une loi appelée "Glass-Steagall" qui a établi une barrière entre les banques d’affaires et les banques de dépôts. Selon cette loi, si vous vous lancez dans la banque d’affaires, si vous voulez jouer, spéculer, faire plein de profits, très bien, mais le gouvernement ne garantira pas vos investissements, c’est votre problème, allez jouer au casino ! Si vous voulez être une banque de dépôts, si vous voulez la confiance des épargnants qui vous confient les économies de toute une vie, nous allons garantir cette épargne, c’est l’engagement de l’Etat ; mais si nous sécurisons les économies, une banque de dépôt ne peut pas spéculer, vous devez prendre le moins de risque possible ».
Des lois qui ont été volontairement oubliées à partir du mandat de Ronald Reagan.
Pendant la crise, le peuple doit agir
Pour terminer cette rencontre, John Paul Lepers demande à Naomi Klein comment, selon elle, le peuple peut agir contre ceux qui veulent profiter de la crise pour faire passer en douce leur idéologie néo-libérale.
Réponse : pas de pouvoirs concentrés en seulement quelques mains, mais l’action collective de base. Elle donne les exemples de la sécurité sociale au Canada, son pays, et les programmes de logements aux USA, qui ont été obtenus grâce à des actions directes.
« Les gens étaient expulsés de chez eux, comme aujourd’hui, avec des saisies. Les voisins étaient organisés dans des groupes solidaires. Quand les meubles des voisins étaient déposés dans la rue, ils les remettaient dans la maison ».
(1) http://latelelibre.fr/index.php/2008/12/naomi-klein-et-la-crise-financiere-lintegrale-1-2-3
Nos peines
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