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Déficit public de la France
18 août 2022

Le commissaire au Marché Thierry Breton défend la règle des 3% de déficit public face à une dette "moralement inacceptable". Selon lui, "il faudra y revenir". Ce dernier a évoqué la possibilité de reconsidérer une "refonte du Pacte de stabilité et de croissance" européen.
A l’antenne de Franceinfo, le commissaire européen Thierry Breton souhaite le retour de la règle des 3% de déficit public, qui a été mit de côté dans une conjoncture économique impactée par la pandémie de Covid-19, puis par le conflit en Ukraine.
"3% de déficit, ce sont des montants tout à fait considérables !", a lancé le commissaire européen au Marché intérieur, le 16 août. "L’impôt des Français, c’est 70 milliards d’euros. 3% de déficit, c’est de nouveau 70 milliards d’euros. C’est un deuxième impôt payé par vos enfants. C’est moralement inacceptable ! Il faudra y revenir", a t-il estimé.
Cependant, le commissaire européen a évoqué la "situation exceptionnelle" de la politique économique, qui perdure encore aujourd’hui. "Nous incitons les États membres à lutter contre les conséquences tragiques de l’inflation voire de l’hyperinflation", qui dépasse les 10% dans certains pays, et à "prendre les mesures pour faire face de façon temporaire", prenant l’exemple des interventions qu’il juge "très justifiées" en France.
"Il est très important de passer ce cap, mais il y a un ’mais’, c’est l’endettement", a souligné ce dernier. Début août, le ministre délégué légué aux Comptes publics, Gabriel Attal, avait lui défendu une phase de "normalisation" des dépenses, après "la parenthèse du quoi qu’il en coûte".
Dans une feuille de route destinée à la Commission européenne, le gouvernement promet de réduire fortement le rythme d’augmentation de la dépense publique en volume à 0,6% par an en moyenne sur la durée du quinquennat. L’exécutif vise un retour du déficit public sous la barre des 3% "à l’horizon 2027".
Selon les récentes données, le déficit public de la France atteindrait 5,5% du PIB en 2022 après 6,4% en 2021, selon une étude de l’Observatoire Français des conjonctures économiques (OFCE).
Alors que le gouvernement cible un déficit public de 5% en 2022, l’OFCE, un organisme indépendant de prévision, de recherche et d’évaluation des politiques publiques, a publié une prévision légèrement supérieure à 5,5% dans son étude.
En revanche, l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) juge que "le déficit se réduirait lentement pour s’établir à 3,7% en 2027 sous l’effet principalement de la diminution du soutien budgétaire à l’économie, en particulier en 2023 et 2024, avec l’extinction des mesures d’urgence sanitaire et la réduction de celles liées à la crise énergétique".
Cependant, d’après cette étude, la politique d’Emmanuel Macron ne ramènera pas le déficit sous la barre de 3%, imposée par l’Union Européenne.
De son côté, la dette publique serait stable, passant de 112% du PIB en 2022 à 113% en 2024 avant de baisser légèrement vers 112% du PIB en 2027. L’étude de l’OFCE a précisé que "cette trajectoire n’intègre pas d’éléments exceptionnels, comme la recapitalisation d’EDF par exemple", ce qui pourrait alourdir la note.
Pour l’INSEE, la croissance de la France sera de 2,3% en 2022 (après 6,8% en 2021), tandis que l’OSCE prévoit des chiffres bien inférieurs avec une croissance potentielle de 1,2% en 2022 puis 1,4% en 2023 et 2024, "grâce à l’impact de la réforme des retraites sur la population active".
En effet, si la réforme du relèvement de l’âge d’ouverture des droits passe de 62 ans à 65 ans, au rythme de 4 mois chaque année à partir de 2023, "l’effet attendu sur la population active serait de +0,3 % par an, venant gonfler la croissance potentielle d’autant", a ajouté l’OFCE.
Pour conclure, l’OFCE est plus optimiste sur le taux d’inflation avec en moyenne 5,3% en 2022 contre 5,5% pour l’INSEE. Et à partir de 2023, l’étude s’’attend à une baisse de l’inflation pour s’établir à 4,1% en 2023 et converger vers 2% à partir de 2024.
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