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par le Dr Raymond Vergès

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Le ralentissement économique pourrait contraindre les travailleurs à accepter des emplois précaires et mal payés

Emploi et questions sociales dans le monde : Tendances 2023

mardi 17 janvier 2023


L’essoufflement de la croissance mondiale de l’emploi et la pression exercée sur les conditions de travail décentes risquent de compromettre la justice sociale, selon le rapport Emploi et questions sociales dans le monde : Tendances 2023 de l’OIT. « Une décennie de progrès en matière de réduction de la pauvreté ont volé en éclats pendant la crise du COVID-19 », précise l’OIT.


Selon un nouveau rapport de l’Organisation internationale du Travail (OIT), le ralentissement actuel de l’économie mondiale risque de contraindre davantage de travailleurs à accepter des emplois de moindre qualité, mal rémunérés, précaires, et dépourvus de protection sociale, accentuant ainsi les inégalités exacerbées par la crise du COVID-19.

Le rapport Emploi et questions sociales dans le monde : Tendances 2023 de l’OIT prévoit aussi que la croissance de l’emploi mondial ne sera que de 1,0 pour cent en 2023, moins de la moitié du niveau de 2022. Le chômage mondial devrait augmenter légèrement en 2023, d’environ 3 millions, pour atteindre 208 millions (correspondant à un taux de chômage mondial de 5,8 pour cent). L’ampleur modérée de cette hausse est principalement due à une offre de main-d’œuvre insuffisante dans les pays à revenu élevé. Cela marquerait une inversion de la baisse du chômage mondial observée entre 2020-2022. Le chômage mondial restera donc supérieur d’environ 16 millions à son niveau de référence avant la crise (fixé en 2019).

En plus du chômage, « la qualité des emplois demeure un important sujet de préoccupation », selon le rapport qui rappelle que « le travail décent est essentiel à la justice sociale ». Une décennie de progrès en matière de réduction de la pauvreté ont volé en éclats pendant la crise du COVID-19. Malgré un début de reprise en 2021, la pénurie chronique de meilleures possibilités d’emploi devrait s’aggraver, selon l’étude.

Le ralentissement actuel signifie que de nombreux travailleurs devront accepter des emplois de moindre qualité, souvent très mal payés, avec parfois des durées de travail insuffisantes. En outre, comme les prix augmentent plus vite que les revenus nominaux du travail, la crise du coût de la vie risque de précipiter davantage de personnes dans la pauvreté. Cette tendance vient s’ajouter aux baisses importantes de revenus constatées pendant la crise du COVID-19 qui, dans de nombreux pays, ont affecté le plus durement les groupes à faible revenu.

Le rapport identifie également une nouvelle mesure globale des besoins non satisfaits en matière d’emploi — le déficit global d’emplois. En plus des personnes au chômage, cette mesure inclut les personnes qui veulent travailler mais ne cherchent pas activement un emploi, soit parce qu’elles sont découragées, soit parce qu’elles ont d’autres responsabilités, d’ordre familial par exemple. Le déficit mondial d’emplois s’élevait à 473 millions en 2022, environ 33 millions au-dessus du niveau de 2019.

« Le besoin de plus de travail décent et de justice sociale est clair et urgent », a déclaré le Directeur général de l’OIT, Gilbert F. Houngbo. « Mais si nous voulons relever ces multiples défis, nous devons travailler ensemble à la création d’un nouveau contrat social mondial. L’OIT fera campagne pour une coalition mondiale pour la justice sociale en vue de fédérer les soutiens et d’élaborer les politiques nécessaires et de nous préparer à l’avenir du travail. »

« En raison du ralentissement de la croissance de l’emploi mondial, nous n’espérons pas pouvoir compenser les pertes subies pendant la crise du COVID-19 avant 2025 », a déclaré Richard Samans, Directeur du département de la recherche de l’OIT et coordinateur du rapport. « Le fléchissement de la croissance de la productivité nous préoccupe également beaucoup, car la productivité est essentielle pour faire face aux crises interdépendantes auxquelles nous sommes confrontés en matière de pouvoir d’achat, de durabilité écologique et de bien-être humain. »


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