Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
Publication des Comptes définitifs 2011 pour La Réunion
16 décembre 2015

L’INSEE publié aujourd’hui les données sur la croissance économique en 2011. Elles montrent une relance de la croissance due en particulier à une hausse des transferts qui a alimenté la consommation. Les exportations n’ont contribué que de manière marginale. À la différence de la mandature de Paul Vergès où le BTP était un moteur de la croissance, ce n’était plus le cas dès la première année de celle de Didier Robert. La décision de stopper le tram-train et les autres grands chantiers a pesé lourd. Elle se fait toujours ressentir aujourd’hui, avec près de 180.000 Réunionnais inscrits à Pôle emploi. Voici le contenu de l’étude publiée par l’INSEE
En 2011, le produit intérieur brut (PIB) de La Réunion s’établit à 16,1 milliards d’euros. L’économie progresse plus vite qu’en 2010 (+ 5,7 % en valeur après + 1,7 %). La croissance retrouve ainsi le même rythme qu’avant la crise de 2009 (+ 5,7 % en moyenne par an entre 2006 et 2008).
La consommation finale reste, en 2011, le moteur principal de la croissance à La Réunion. Elle contribue à hauteur de 6,7 points à l’évolution du PIB. Elle est stimulée par les dépenses des administrations publiques qui augmentent d’un milliard d’euros mais est limitée par la consommation des ménages qui recule légèrement en 2011 (- 0,4 %). La consommation finale est relayée en 2011 par l’investissement. La formation brute de capital fixe rebondit (+ 12,1 % après – 15,4 % en 2010) et contribue pour 2,4points à la croissance. Comme dans toute économie insulaire, les hausses de l’investissement et de la consommation entraînent une augmentation des importations : + 13,3 % en 2011, soit la plus forte progression depuis 2006.
La hausse des importations contribue négativement à la croissance (- 3,6 points). Entre 2006 et 2011, l’augmentation de la masse salariale (+ 10,3 %) et des prestations et transferts sociaux versés par l’État (+ 9,6 %) stimulent la consommation des ménages qui progresse de 14,2 %. Elle représente près des deux tiers de la consommation finale sur l’ensemble de la période. L’État a joué un rôle d’amortisseur pendant la crise. En 2009, la consommation des ménages recule (- 9,5 %) tandis que les dépenses de consommation des administrations augmentent (+ 3,6 %) et contribuent alors positivement à la croissance à hauteur de 1,2 point. De même, les prestations en espèce (allocations familiales, indemnités chômage, retraites, etc.) ont bondi de 15,4 % en 2009 après + 0,7 % l’année précédente
La valeur ajoutée (VA) augmente chaque année en moyenne de 3,2 % entre 2006 et 2011, atteignant ainsi 14,7 milliards d’euros en 2011. La crise de 2009 stoppe temporairement cette croissance (- 2,4 % entre 2008 et 2009) qui avait été continue entre 2003 et 2008. La VA dégagée par les entreprises se partage entre rémunération des salariés et excédent brut d’exploitation (EBE). En 2011, le taux de marge (EBE/VA) des entreprises atteint 39,6 % (32,5 % en France). Il se redresse ainsi de 1,8 point, après deux baisses consécutives en 2008 et 2009 (- 0,9 point puis – 2,7 points) et retrouve son niveau d’avant crise. L’industrie et la construction sont fortement impactées par la crise. Entre 2007 et 2010, le taux de marge de l’industrie est divisé par deux, marqué par une chute de 13,5 points entre 2008 et 2009 tandis que celui de la construction recule de 5,2 points sur la même période. En 2011, le taux de marge augmente de nouveau dans ces deux secteurs pour atteindre 36 % dans l’industrie et 38 % dans la construction. Dans le secteur primaire et les services, le taux de marge s’est stabilisé entre 2008 et 2009 et augmente depuis.
Les rémunérations versées par les entreprises réunionnaises progressent de 10 % sur la période 2006-2011. Elles augmentent tous les ans sauf en 2010 où elles se replient légèrement (- 0,5 %). En 2011, les rémunérations repartent à la hausse (+ 3,6 %) dans toutes les branches, à l’exception de l’industrie manufacturière.
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