Filières économiques d’avenir dans les pays comme La Réunion

Le Sénat propose de s’appuyer sur la position géostratégique pour bâtir un véritable socle de souveraineté économique

8 juillet

La délégation sénatoriale aux anciennes colonies intégrées à la République française a présenté, ce 7 juillet, une étude consacrée aux filières économiques d’avenir dans ces territoires. Adopté à l’unanimité, le rapport entend dessiner les perspectives économiques à l’horizon 2050 et affirme que ces espaces constituent « un océan d’opportunités », à condition que l’État se dote d’une véritable stratégie de développement.

Les trois rapporteurs, Annick Girardin, Vivette Lopez et Marie-Laure Phinera-Horth, estiment que les projets et initiatives existent déjà, mais qu’ils doivent désormais être amplifiés et structurés afin de faire émerger des filières créatrices d’emplois et de richesses. Au total, 21 recommandations sont formulées autour de quatre grands axes.
Le rapport préconise d’abord de bâtir un véritable socle de souveraineté économique en s’appuyant sur la position géostratégique de ces territoires. Les sénateurs plaident pour un vaste programme d’investissements dans les infrastructures essentielles, notamment les ports, les aéroports, les câbles sous-marins et les stations de relais spatiales, financé conjointement par l’État, les collectivités et les acteurs économiques.
Parmi les autres mesures proposées figure la création d’un établissement financier public dédié au financement des entreprises des anciennes colonies intégrées à la République française, regroupant notamment les moyens de la Caisse des dépôts, de l’Agence française de développement et de France 2030. Les rapporteurs souhaitent également adapter certaines normes européennes et mobiliser des outils comme l’octroi de mer, le bouclier qualité-prix, la commande publique ou la politique commerciale afin de favoriser l’émergence de filières locales.
Le rapport recommande aussi de réorienter les aides fiscales vers les secteurs jugés stratégiques, de créer un fonds d’investissement destiné aux entreprises innovantes et de renforcer la recherche menée dans ces territoires, en développant les coopérations entre organismes nationaux et acteurs locaux.
Enfin, les sénateurs proposent de mieux valoriser les ressources naturelles et les savoir-faire locaux, notamment par l’inscription systématique des plantes endémiques à la pharmacopée, la protection des connaissances traditionnelles contre la contrefaçon et la création d’un dispositif de « Compagnonnage ultramarin » destiné à reconnaître et transmettre les métiers d’excellence.

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