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Le Sénat américain a voté pour le plan de 700 milliards de dollars. Outre la possibilité pour le gouvernement d’utiliser cette enveloppe pour renforcer l’industrie financière américaine, les sénateurs ont ajouté un ’paquet fiscal’ de 110 milliards de dollars pour les entreprises et les classes moyennes, à cinq semaines de l’élection présidentielle.
« J’applaudis le Sénat pour son vote réunissant les deux partis », a dit le président George W. Bush. Les deux candidats à sa succession, le démocrate Barack Obama et le républicain John McCain, tous deux sénateurs, ont voté comme un seul homme pour le plan qui offre des pouvoirs considérables au gouvernement américain. Ce plan « donne, à cinq semaines de l’élection présidentielle, une latitude et des moyens sans précédent au secrétaire au Trésor, Henry Paulson, pour venir au secours du secteur bancaire », commente l’AFP.
Il est agrémenté d’un cadeau fiscal de 110 milliards de dollars pour les entreprises et les classes moyennes, tandis que le plafond de garantie accordé aux déposants en cas de faillite de leur banque passe de 100.000 à 250.000 dollars.
Plus les jours passent et plus le gouvernement restructure le système financier américain pour le renforcer afin de le rendre plus apte à consolider la position dominante des Etats-Unis dans la mondialisation libérale. C’est ce qu’illustre la création de la plus grande banque du monde issue du rachat de Merill Lynch par Bank of America. C’est ce que rappelle la construction d’une banque de dépôt disposant de 900 milliards de dollars dans ses caisses, grâce au rachat des actifs de la Caisse d’épargne Washington Mutual par JP Morgan.
C’est ce que montre la nationalisation du numéro 1 mondial de l’assurance, AIG, ainsi que des deux banques qui assurent la garantie de près de la moitié des crédits immobiliers aux Etats-Unis.
Pendant ce temps, sur l’autre rive de l’Atlantique, les banques européennes commencent à affronter de très graves difficultés. Mais à la différence des Etats-Unis, l’Europe n’est pas une fédération, mais une union de 27 États indépendants qui n’a pas encore réussi à faire son unité monétaire. Il est donc bien plus difficile d’adopter une stratégie coordonnée, et de mutualiser les moyens pour faire contrepoids à l’offensive des Etats-Unis. C’est seulement samedi qu’une réunion au sommet sur la crise financière est prévue en Europe, et il ne concerne que les quatre pays européens membres du G7. D’ici là, le Congrès américain pourra avoir voté les pleins pouvoirs à George Bush et à son gouvernement. Cette enveloppe constitue un atout considérable. Car ces 700 milliards de dollars permettront à l’industrie financière américaine de repartir à l’assaut du monde, débarrassée de ses créances douteuses et remodelée en fonction des intérêts stratégiques de Washington.
Manuel Marchal
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