Selon une enquête de l’IEDOM

Le surendettement progresse dans les anciennes colonies françaises devenues départements français comme La Réunion

14 mars, par Manuel Marchal

Dans les anciennes colonies françaises devenues départements français, le surendettement progresse pour la troisième année consécutive. Derrière les chiffres se cache une réalité sociale brutale : hausse du coût de la vie, précarité et stagnation économique poussent des milliers de familles vers l’impasse financière. Le nombre de dossiers déposé l’an dernier auprès des commissions départementales de surendettement est en hausse de 20 % par rapport à 2024 et de 75 % par rapport à 2015.

La situation sociale continue de se dégrader dans les anciennes colonies françaises devenues départements français. La dernière enquête de l’Institut d’émission des départements d’outre-mer confirme une tendance inquiétante : le nombre de dossiers de surendettement déposés par les ménages ne cesse d’augmenter.

En 2025, 3 915 dossiers ont été enregistrés auprès des commissions départementales de surendettement dont l’IEDOM assure le secrétariat. Cela représente une hausse de 20 % en un an, soit 659 dossiers supplémentaires par rapport à 2024. C’est la troisième année consécutive de progression, signe que les difficultés économiques s’enracinent dans ces territoires marqués par la domination d’un système : le néocolonialisme.

Certes, le taux de dépôts reste inférieur à celui observé en France : 223 dossiers pour 100 000 habitants de plus de 15 ans, contre 267 en France. Mais derrière ces statistiques se cache une réalité sociale lourde : une part croissante de la population bascule dans l’impasse financière.

L’endettement des ménages concernés continue lui aussi de grimper. La dette médiane atteint 18 048 euros, hors crédit immobilier. Au total, les ménages surendettés cumulent 122 millions d’euros de dettes, soit une augmentation de 26,5 % en un an. Près de la moitié de ces dettes provient de crédits à la consommation, auxquels s’ajoutent les crédits immobiliers (23 %) et les dettes de charges courantes comme les loyers ou les factures impayées.

53 % n’ont aucun moyen de rembourser

Le profil des personnes touchées confirme l’ampleur du malaise social. 45 % vivent seules, tandis que 36 % sont des familles monoparentales, déjà fragilisées par le poids des dépenses quotidiennes. Contrairement aux idées reçues, la majorité des personnes concernées sont actives ou en recherche d’emploi (70 %). Mais travailler ne suffit plus toujours à vivre dignement dans des pays où le coût de la vie reste élevé à cause de l sur-rémunération versée par Paris et les communes à une minorité.

Pus d’un ménage sur deux (53 %) n’a aucune capacité de remboursement. Autrement dit, pour ces familles, l’endettement n’est plus seulement une difficulté passagère, mais une véritable impasse sociale.

Ces chiffres rappellent une réalité souvent dénoncée par les acteurs sociaux : la précarité structurelle dans ces anciennes colonies françaises devenues départements. Tant que les inégalités économiques, le chômage et la vie chère persisteront, le surendettement continuera d’être l’un des visages les plus visibles de la crise sociale qui frappe ces territoires.

M.M.

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