Les questions du temps présent
21 juillet, parCeux qui n’ont que la France comme horizon indépassable tournent en rond
Bâtiment : Mieux prendre en compte la qualification professionnelle
1er avril 2004

Dans l’édition d’avant-hier, un article avait été consacré au Rapport patronal de la Fédération réunionnaise du Bâtiment et des travaux publics, qui présentait les chiffres du BTP réunionnais et dressait le bilan 2003 de l’activité. Aujourd’hui, nous revenons plus en détail sur ce rapport.
L’activité du BTP s’est redressée en 2003 mais dans un contexte de prix extrêmement difficile. Le bâtiment est le secteur qui enregistre le taux de création d’entreprise le plus fort. Mais l’espérance de vie des entreprises est plus faible dans le secteur du BTP qu’ailleurs, le BTP détient le taux de cessation le plus important. La FRBTP estime dans son rapport patronal que "cette situation ne peut que perdurer, tant que la prise en compte d’une qualification professionnelle minimale pour les créateurs d’entreprises n’est pas effective".
Le FRBTP note notamment que : "La loi Dutreil pour l’initiative économique - du 1er août 2003 -, qui vise à favoriser la création et la pérennisation de petites et moyennes entreprises, n’a pas apporté d’amélioration significative. On peut craindre au contraire que la possibilité de créer une société avec un euro, comme aussi la possibilité au créateur d’entreprise de reporter les charges sociales des douze premiers mois d’activité de son entreprise sur les cinq années suivantes, accélèrent et multiplient les défaillances des entreprises nouvelles..."
Dans l’édition d’avant-hier, nous indiquions que la Loi programme pour l’outre-mer a sacrifié les entreprises de plus de 50 salariés. En effet le rapport patronal regrette que "le gouvernement a d’une part supprimé l’allégement des charges dites RTT de 1.372 euros par an et par salarié créé par la LOOM et, d’autre part institué un nouveau seuil d’exonération porté à 50 salariés dans la Loi programme pour l’Outre-mer (contre 10 dans la LOOM - NDLR). Pour financer cette loi, le ministère de l’Outre-mer n’a pas hésité à sacrifier les PME du BTP de plus de 50 salariés, au nombre de 25 à La Réunion et qui emploient quelques 3.575 salariés (soit 25% de l’effectif total du secteur)".
Les conséquences sont graves : ces entreprises "seront contraintes, pour des raisons évidentes de distorsion de concurrence, à réduire leurs effectifs". Cela accentuera "l’atomisation de la profession, la déstructuration du secteur". Cette nouvelle loi, en affaiblissant les entreprises de plus de 50 salariés, "limite la capacité du BTP réunionnais à construire de manière autonome à La Réunion et, a fortiori, dans l’océan Indien". De plus, elle remet en cause les institutions du personnel au niveau de la représentation syndicale.
Eiffel
Ceux qui n’ont que la France comme horizon indépassable tournent en rond
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