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18 septembre 2008, par

Considéré comme un acquis social, le titre-restaurant avantage l’employé mais aussi l’entreprise, les professionnels de la restauration, et l’Etat. A La Réunion, peu d’entreprises l’ont adopté. Le président du CNTR, Bernard Hagège, est actuellement sur l’île.
Qu’est-ce que le CNTR ? Une instance collégiale (patronat, salariés, restaurateurs, entreprises émettrices) créée par l’Etat pour réguler, pérenniser, garantir l’usage du titre-restaurant, considéré comme un acquis social pour les salariés depuis 40 ans. Des membres de cette Commission Nationale des Titres restaurant (CNTR), dont le président Bernard Hagège, sont à La Réunion jusqu’à vendredi pour rencontrer les acteurs économiques locaux, entreprises, syndicats de salariés, restaurateurs et politiques. Objectif, informer et faire le point sur un dispositif gagnant sur tous les plans. Employés, employeurs, restaurateurs, Etat, chacun y trouve un avantage, soutient Bernard Hagège.
Et pourtant, à La Réunion seulement 765 entreprises ont fait le choix du titre restaurant sur près de 30.000, pour des millions d’euros de chiffre d’affaire chaque année dans la restauration. « Il y a aujourd’hui beaucoup de marges de progrès possibles », soutient le président du CNTR.
Accessibles aux TPE
Ce dispositif est-il pour autant accessible aux entreprises de La Réunion, composées à 90% de TPE ? Oui, répond sans hésiter Bernard Hagège. « Les entreprises qui n’ont qu’un salarié peuvent choisir le titre-restaurant. Mais souvent les chefs d’entreprises ne sont pas au courant de la facilité du dispositif, ils pensent que c’est trop cher, qu’ils ne sont pas aidé ». Le titre-restaurant, c’est à la fois des exonérations pour l’entreprise et pour l’employé, « l’équivalent de 1100 euros net d’impôt pour un salarié au smic », souligne le président du CNTR. Pour la restauration sur le plan national, les titres-restaurant rapportent 4,5 milliards d’euros, ce qui injecte dans les caisses de l’Etat 45 à 50 millions d’euros, résultat de la TVA, et des charges patronales et sociales des création d’emplois dans la restauration. Un marché qui plus est en croissance de 6% par an, soit 300 millions d’euros. Au niveau national, 3 millions de salariés bénéficient du titre-restaurant, soit 15% des actifs.
Le CNTR existe aussi pour s’assurer du bon usage des titres-restaurant car des habitudes s’installent parfois plus par manque d’information que par malhonnêteté. Rendre la monnaie sur un titre-restaurant ? C’est interdit, répond Bernard Hagège. Idem pour l’achat de courses. Il ne faut pas confondre titre-restaurant et chèque. Sur ce point, le CNTR affirme vouloir faire preuve de souplesse sans être trop ouvert : « acheter une boisson et un repas, oui mais un pack d’eau ou un chariot de course, non ». Un accord est en préparation avec la grande distribution, et le CNTR a désormais le pouvoir de contrôler et de sanctionner les restaurateurs qui vendrait autre chose que des repas contre des titres-restaurant. « Il ne s’agit pas de chasse aux sorcières, mais si la pratique perdure nous pouvons menacer de ne plus rembourser les titres ». Le CNTR estime cependant que ces pratiques ne représentent que 1 à 2% des 4,5 milliards générés par les titres-restaurant. Depuis 2007, une pratique a pourtant été légalisée, pour « s’adapter à la vie moderne » : les repas froids, comme les repas chauds sont payables par titres-restaurant.
EP
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