Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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A chaque grosse pluie, la ravine déborde…
17 février 2010, par

Laurence Folio a hérité le goût de la terre de son père, un pionnier de la plantation des fruits de la passion à La Ravine des Cabris. Elle a repris l’exploitation située auprès des bassins de décantation de la SAPHIR. Soucieuse de l’environnement, cette adhérente de la Sica Terre réunionnaise mène quatre hectares et demi de terre selon le principe de l’agriculture raisonnée. Cependant, elle s’inquiète car à chaque grosse pluie, une ravine déborde dans ses champs, occasionnant des dégâts.
A chaque grosse pluie, celle de janvier dernier ou celle de la semaine dernière, Laurence Folio est en alerte. « Quand on entend la ravine qui commence à couler, on se dit : Ô mon Dieu… ! ». La semaine dernière, en catastrophe, elle a dû faire intervenir une pelleteuse pour élargir le lit de la ravine Trois Mares (ou l’un de ses bras qui ne semble pas répertorié dans le manuel de l’agriculture raisonnée). « Nous n’avions pas d’autres solutions pour empêcher l’eau d’aller dans les champs », explique-t-elle.
Comme en janvier dernier, cela a amélioré le débit de l’eau. Elle a évité le pire, mais cela n’a pas empêché que la ravine sorte de son lit un peu plus bas et ravine un champ d’agrumes plantés il y a moins d’un an. « Nous ne pouvons pas planter des légumes en intercalaire, sinon on les retrouve à Saint-Pierre. C’est pénible ! », regrette-t-elle.
Plus bas, dans un “carreau” de bringelles, le ravinement est aussi très visible. « Cela fait des trous partout. Et nous retrouvons la terre plus bas », se désole Laurence Folio.
Avec un peu de bonne volonté…
L’agricultrice qui mène de main de maître deux hectares de maraîchage et deux hectares et demi d’agrumes, dans une démarche d’agriculture raisonnée, a bien entretenu la ravine qui borde ses champs en la nettoyant et en la “talutant” partiellement. Elle ne peut pas faire la même chose sur un bout de ravine qui borde un terrain qui ne lui appartient pas. « Nous avons fait ce que nous avons pu. Nous nettoyons chez nous, mais nous ne pouvons pas tout faire », souligne-t-elle.
D’après elle, il suffirait de faire la même chose sur quelques dizaines de mètres. Mais qui doit intervenir ? Il existe un flou juridique et financier sur la compétence d’intervention pour les ravines. Cependant, à cet endroit, la police des ravines semble être de la compétence de l’Etat ou de la Municipalité.
Laurence Folio nous emmène un peu plus haut où le chemin, sur le passage de la ravine, a été creusé de quelques dizaines de centimètres. Ce qui suffit pour que la ravine reste dans son lit. Les travaux ne sont pas compliqués, et avec un peu de bonne volonté, les autorités pourraient régler rapidement ce problème.
YVDE
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