Accélération de la crise du système néocolonial

Les défaillances d’entreprises explosent dans les anciennes colonies comme La Réunion

28 juillet, par Manuel Marchal

Les défaillances d’entreprises explosent dans les anciennes colonies françaises devenues départements en 1946. À La Réunion, les faillites progressent de 36 % au deuxième trimestre 2026. Pour Témoignages, ces chiffres illustrent l’échec d’un modèle économique fondé sur la dépendance aux importations et aux décisions extérieures, renforçant l’urgence d’une rupture avec le système néocolonial dominant à La Réunion.

Le rapport publié ce 27 juillet 2026 par Allianz Trade confirme le système économique imposé aux anciennes colonies françaises transformées en départements en 1946 s’enfonce dans une crise structurelle. Derrière les statistiques des défaillances d’entreprises, c’est l’échec d’un système de maintien dans le sous-développement par la dépendance à l’argent de la France et aux monopoles qui apparaît.

Les anciennes colonies en première ligne de la crise

Alors que les faillites d’entreprises progressent de 5 % au premier semestre 2026 dans l’ensemble de la République française, elles explosent de 23 % dans les anciennes colonies devenues départements. En 2025 déjà, 2 321 entreprises avaient disparu, soit une hausse de 16 %, quatre fois supérieure à la moyenne française.
Le deuxième trimestre 2026 aggrave encore la situation avec une envolée de 30 % des défaillances. La Martinique (+45 %), la Guadeloupe (+46 %) et La Réunion (+36 %) sont les pays les plus durement touchés. À elle seule, La Réunion représente près de la moitié des faillites recensées dans ces pays.

Une économie de dépendance à bout de souffle

Les chiffres révèlent une crise qui touche l’ensemble du tissu économique. Le commerce enregistre une hausse spectaculaire de 33 % des faillites, contre seulement 3 % dans l’ensemble de la République française. Les services progressent de 28 %, tandis que l’industrie augmente de 23 %, notamment dans les activités de transformation agroalimentaire.
Ces données illustrent les limites d’un modèle fondé sur les importations massives, la dépendance aux décisions prises à plusieurs milliers de kilomètres et la faiblesse de la production locale. Lorsque les crises internationales se multiplient, ce système révèle toute sa fragilité.

Changer de cap

Cette nouvelle alerte ne peut être ignorée. Les faillites ne sont pas une fatalité mais la conséquence d’un modèle hérité de la colonisation, qui maintient La Réunion dans une situation de dépendance économique.
Face aux tensions internationales, au renchérissement des importations et aux effets du changement climatique, la priorité doit être de construire une économie réunionnaise davantage tournée vers la production locale, la coopération avec les autres îles africaines de l’océan Indien et la souveraineté alimentaire, énergétique et industrielle.
Le rapport d’Allianz Trade apporte ainsi un nouvel argument en faveur d’un changement profond de politique. Continuer sur la même voie, c’est accepter que chaque crise mondiale se traduise par de nouvelles faillites, plus de chômage et une aggravation de la pauvreté dans un pays qui dispose pourtant de nombreux atouts pour construire son propre développement.

M.M.

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