Economie

Les jeunes très gravement touchés par la pénurie d’emplois

Les limites d’un modèle à nouveau clairement posées

Risham Badroudine / 9 juillet 2009

L’INSEE vient de publier son hors série n°7 consacré au recensement de la population réunionnaise. Un chapitre est consacré à l’emploi, notamment sur le niveau de formation et la place des jeunes. Il ressort que le niveau de diplôme des Réunionnais s’est élevé depuis 1999. Pourtant La Réunion a un retard de scolarisation. Et la précarité touche en premier lieu les jeunes. Il est aujourd’hui urgent d’agir pour créer des emplois à La Réunion et en particulier pour les jeunes, d’autant plus que les 18-25 ans n’ont pas droit aux minima sociaux et à des dispositifs d’insertion spécifiques. La jeunesse constitue l’avenir. Il faut aujourd’hui changer ce modèle et se tourner vers un avenir digne de notre pays.

Parmi les 15-64 ans ayant quitté le système éducatif, 15% sont diplômés de l’enseignement supérieur (10% en 1999) et 13% ont leur Baccalauréat (9%). Cela résulte du meilleur niveau de formation des plus jeunes, et du départ des générations plus âgées, peu diplômées. La Réunion rattrape lentement son retard par rapport à l’Hexagone. (Voir graphique “Le niveau de diplôme des Réunionnais s’est élevé”).

Retard de scolarisation

Pourtant, La Réunion accuse un retard de scolarisation au-delà de 16 ans. Dès 18 ans, trois jeunes sur dix ont quitté l’école. Le taux de scolarisation des 16-19 ans s’établit à 76% (87% en France) et celui des 20-24 ans à 26% (40% en France). (Voir graphique “La Réunion accuse un retard de scolarisation”)
Les jeunes Réunionnais de 25 à 29 ans sont presque tous sortis du système scolaire. Leur part de « sans diplômes » (ayant au plus le brevet des collèges) est en nette diminution : 30% aujourd’hui contre 45% en 1999. Toutefois, ils détiennent moins de diplômes que leurs homologues de France continentale : 43% ont au moins un Baccalauréat (contre 64%) dont 22% sont aussi titulaires d’un titre de l’enseignement supérieur (contre 41%).

Des emplois précaires pour les jeunes

En 2006, La Réunion compte environ 73.300 jeunes actifs âgés de 15 à 29 ans. Plus de la moitié (55%) occupent un emploi, majoritairement précaire (ils ne bénéficient pas d’un emploi en CDI à temps complet). (Voir graphique “Près de la moitié des 15-29 ans sont inactifs à La Réunion”).
Les plus touchés sont les plus jeunes et les moins diplômés. Six jeunes sur dix de moins de 25 ans sont dans une situation de précarité. (Voir graphique “Parmi les 15-29 ans, la majorité sont dans une situation de précarité”). Peu expérimentés et/ou peu diplômés, ces jeunes ont des difficultés à s’insérer sur le marché du travail. Toutefois, le diplôme ne préserve pas forcément de la précarité : 35% de jeunes ayant un diplôme supérieur à Bac +2 ont un emploi précaire.

Créer des emplois et en particulier pour les jeunes

Il est aujourd’hui urgent d’agir pour créer des emplois à La Réunion et en particulier pour les jeunes. Il faut donner du travail aux jeunes, d’autant plus que les 18-25 ans n’ont pas droit aux minima sociaux et à des dispositifs d’insertion spécifiques.
Les jeunes se sentent dévalorisés. La plupart tombent dans la fatalité. Etre jeune aujourd’hui, c’est être mis à l’écart. Alors que la jeunesse constitue l’avenir du pays.
Le modèle décidé et instauré à La Réunion a eu ses bons côtés : avancées techniques et sociales, hausse du niveau de vie...
Mais les côtés pervers, eux aussi, sont déclarés et montrent les limites de ce modèle :
Taux de chômage le plus élevé de France et d’Europe qui touche en particulier les jeunes, un taux d’illettrisme très important, des filières non adaptées, et cela à tous niveaux, universitaire comme professionnel, cherté de la vie, la pauvreté est le quotidien de la population (1 Réunionnais sur 2 vit avec moins de 790 euros/mois)...
Il faut aujourd’hui changer nos regards et se tourner vers un avenir digne de notre pays et de nos avancées.

Risham Badroudine