Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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129 000 euros de richesse créée par travailleur en moyenne
16 février 2017

En moyenne, un salarié du complexe industrialo-portuaire de La Réunion génère 129 000 euros de valeur ajoutée, c’est plus qu’en France. Une étude publiée mardi par l’INSEE fait un état des lieux de ce secteur. Voici quelques extraits.
En 2012, le complexe industrialo-portuaire de La Réunion génère directement 4 330 emplois. La moitié des emplois se concentrent dans des activités maritimes. En particulier, près de 1 000 salariés sont mobilisés pour le débarquement, le transbordement et la gestion du transport de la marchandise.
Le port de La Réunion génère 2 % de l’emploi total et 7 % de la valeur ajoutée de l’île, soit 431 millions d’euros. En 2012, le complexe industrialo-portuaire de La Réunion génère 2 % de l’emploi total de l’île. Il pèse en revanche 9 % du chiffre d’affaires des entreprises marchandes réunionnaises (2 milliards d’euros). Le secteur non maritime du commerce génère à lui seul 61 % du chiffre d’affaires, essentiellement porté par les entreprises de commerce de gros importatrices de carburant.
Les deux tiers de la valeur ajoutée créée proviennent des activités industrielles et de services non maritimes, qui représentent à peine la moitié des emplois du complexe portuaire. La richesse dégagée est portée par le commerce (155 millions d’euros de valeur ajoutée), notamment le commerce de gros de combustibles. Un salarié du complexe industrialo-portuaire crée en moyenne 129 000 euros de valeur ajoutée. La productivité apparente des salariés du complexe industrialo-portuaire de La Réunion est plus élevée qu’en France sur un champ comparable. Cette forte productivité est portée par les secteurs du commerce et de la pêche. Un salarié relevant du secteur du commerce génère 273 000 euros de valeur ajoutée au port de La Réunion contre 88 000 euros en France. Les entreprises de commerce de gros réunionnaises s’appuient en effet davantage sur du matériel et un outillage appropriés que sur de la main-d’œuvre pour exercer leur activité. Un salarié du secteur de la pêche génère de son côté 237 000 euros de valeur ajoutée. Trois autres secteurs du complexe industrialo-portuaire ont une productivité supérieure au niveau national : l’industrie, portée par la production d’électricité (169 000 euros de valeur ajoutée par salarié contre 141 000 euros en France), l’organisation des transports (84 000 euros à La Réunion contre 68 000 euros en France) et le secteur des inspections et analyses.
Pour d’autres secteurs, la productivité apparente moyenne d’un salarié est plus faible qu’au niveau national, en particulier pour les activités de transformation et conservation de poissons (25 000 euros de valeur ajoutée par salarié contre 55 000 euros en France). Par rapport à leur volume de ventes de biens et services, les entreprises du complexe industrialo-portuaire de La Réunion créent dans la plupart des secteurs plus de valeur ajoutée qu’en France. Ainsi, la manutention portuaire se distingue par un fort taux de valeur ajoutée : 59 euros de valeur ajoutée sont générés pour 100 euros de services vendus (35 euros en France). De même, les taux de valeur ajoutée sont plus élevés dans la pêche, en lien avec la pêche australe (48 euros pour 100 euros vendus), et plus encore dans les secteurs de l’analyse et inspections (73 euros sur le complexe industrialo-portuaire réunionnais contre 59 euros en France) et de l’assainissement (43 euros contre 16 euros). Ces activités nécessitent en effet peu de consommations intermédiaires.
En 2012, 613 bateaux ont fait escale à Port Réunion. Le port organise aussi une activité de transbordement, c’est-à-dire le transit de marchandises non destinées à La Réunion, qui concerne seulement 4 % des conteneurs en 2012, près de 10 % en 2015 et plus de 20 % sur les premiers mois de l’année 2016.
Comparativement à d’autres ports, le poids des activités non maritimes dans l’ensemble des emplois générés par le complexe industrialo-portuaire de La Réunion est limité : un peu moins de la moitié, soit 2 150 emplois. Dans les grands ports métropolitains, les activités industrielles et l’arrière zone portuaire sont plus développées. Ainsi, 77 % des salariés sont employés pour des activités non maritimes à Rouen, 69 % à Nantes et 55 % au Havre.
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