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17000 emplois suffisent à faire fonctionner 30 % de l’économie réunionnaise
18 octobre 2023

Si seulement 17000 emplois suffisent à faire fonctionner 30 % de l’économie réunionnaise, alors la crise est d’une extrême gravité à La Réunion. C’est la confirmation de la nécessité de changer de fond en comble l’économie du pays pour qu’elle soit capable de fournir aux Réunionnais les emplois nécessaires pour vivre dignement. La pauvreté n’est pas une fatalité, elle peut être vaincue. Une ancienne colonie peut se développer, n’ayons pas peur de nous moderniser !
La Mairie du Port faisait partie des organisateurs d’un Salon de l’emploi qui s’est tenu hier 17 octobre. A cette occasion, la Mairie a publié un communiqué sur le site Imaz Press Réunion dont un extrait révèle ceci : « 30% de l’activité économique réunionnaise est concentrée au Port qui comptait en 2020 plus de 17.000 emplois salariés ».
Ceci rappelle une nouvelle fois le problème fondamental de La Réunion : la pénurie d’emplois. La Réunion est un pays de près de 900.000 habitants, et qui a un PIB de plus de 20 milliards d’euros. Ses habitants font partie d’un région de l’Union européenne, intégrée à la République française. Pour faire fonctionner 30 % de cette économie, 17000 emplois suffisent donc.
Rappelons que Le Port est la commune qui abrite le seul port de commerce de La Réunion. C’est de ce port que partent les exportations de sucre, de poissons et de déchets. C’est là qu’arrivent la plupart des importations. C’est le cas notamment du riz, aliment de base des Réunionnais, qui est ensuite mis en sachets dans cette commune. C’est aussi le cas des pellets de bois d’Amérique du Nord qui alimentent les centrales thermiques d’Albioma, du fuel et bientôt de la biomasse liquide à base d’huile de colza pour la centrale thermique EDF du Port, des intrants nécessaires à l’agriculture en particulier le carburant des tracteurs, l’alimentation animale ou les engrais.
De nombreuses entreprises sont installées au Port, plusieurs hôpitaux ainsi qu’un des plus importants centres commerciaux de La Réunion.
Toute cette activité représente donc 30 % de l’économie du pays, et elle est assurée par 17000 travailleurs. Cela signifie que ces travailleurs ont une productivité très importante, sans doute plus grande que la moyenne en France, un des pays dit « les plus avancés » du monde sur le plan économique.
Toutes choses étant égales par ailleurs, cela voudrait dire qu’avec ce taux de productivité, moins de 55000 salariés suffiraient donc pour assurer l’activité économique de toute La Réunion, alors que la population active de notre pays est supérieure à 400000. Que resterait-il donc aux 350000 autres ? Les emplois précaires dans les collectivités ou la fonction publique d’État ? Le chômage ? Le travail informel ?
Cette comparaison force sans doute un peu le trait. Mais elle montre bien qu’à La Réunion, l’armée de réserve du capitalisme, c’est-à-dire le chômage, est une menace réelle pour la majorité de la population active. Car le système économique en place dans notre île peut se permettre de fonctionner en laissant la moitié de la population active dans la grande précarité.
Comment alors s’étonner dans ces conditions des bas salaires et de la grande pauvreté ? Cette précarité est un moyen très simple pour le patronat de maintenir les salaires dans le privé au niveau du SMIC, le chantage à l’emploi est facile avec une armée de réserve du capitalisme aussi nombreuse.
Il est d’ailleurs tout aussi révélateur que près de 3000 personnes ont visité le Salon de l’emploi au Port ce 17 octobre, tandis que de l’autre côté, 300 emplois étaient à pourvoir, soit un emploi pour dix visiteurs. Il y a fort à parier que la plupart des visiteurs étaient des Réunionnais à la recherche d’un emploi, sinon comment expliquer leur présence à cette manifestation un jour de semaine pendant les horaires habituels de travail.
Cela donne une idée du déséquilibre entre le nombre de Réunionnais qui veulent faire appliquer leur droit à un travail et le travail que le système en place à La Réunion est capable de fournir. C’est aussi la preuve de l’inexistence d’un marché du travail dans notre île, car comment peut-on parler de marché avec un tel déséquilibre de force entre les travailleurs et ceux qui les utilisent pour s’enrichir ?
Ce 17 octobre, la manifestation organisée au Port a confirmé que le principal problème à La Réunion est une conséquence de la pénurie d’emploi : la pauvreté.
Or, la pauvreté n’est pas une fatalité. En Chine, un pays de plus de 1,3 milliard d’habitants, a réussi à éradiquer la pauvreté avec 10 ans d’avance sur l’engagement pris au niveau de l’ONU.
La Réunion est adossée à la France, un des pays les plus riches du monde, avec un PIB par habitant nettement plus important que la Chine. Si Paris reste toujours dans l’incapacité de régler cette question prioritaire pour les Réunionnais, alors il appartient à notre peuple de disposer des compétences nécessaires pour faire ce que Paris ne peut. Une ancienne colonie peut se développer, n’ayons pas peur de nous moderniser !
M.M.
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