Les questions du temps présent
21 juillet, parCeux qui n’ont que la France comme horizon indépassable tournent en rond
Contre la vie chère à La Réunion : s’attaquer aux causes structurelles
4 août 2025, par

Le projet de loi contre la vie chère à La Réunion ignore trois causes majeures : la TVA, la surrémunération de dizaines de milliers de fonctionnaires et de cadres du privé et le non-respect des conventions collectives. Supprimer la TVA, revoir la surrémunération et appliquer les conventions salariales dans le privé permettraient de relancer le pouvoir d’achat. Ces mesures doivent s’inscrire dans un plan de développement axé sur le plein emploi et la réduction de la dépendance aux importations.
Lors du dernier Conseil des ministres, le gouvernement a présenté un projet de loi destiné à lutter contre la vie chère dans d’anciennes colonies comme La Réunion. Mais ce projet n’évoque pas deux mesures décidées par l’ État qui contribuent à la vie chère à La Réunion : la TVA et la surrémunération. Tandis que l’application des conventions collectives relève de la loi que l’État ne fait pas respecter dans ce domaine à La Réunion.
A La Réunion, la TVA rapporta à Paris 618 millions d’euros en 2022, selon la Direction régionale des finances publiques. Cette taxe s’applique sur tous les biens et services, y compris les produits de première nécessité. Elle n’est pas proportionnelle au revenu, son prix est le même pour tous. La TVA est devenue la principale recette du budget de l’État. Sa suppression apportera un gain annuel de plus de 500 millions d’euros aux Réunionnais, à condition que les commerçants et fournisseurs de service répercutent la suppression dans le prix final. La TVA ne s’applique pas en Guyane, ni à Mayotte, deux pays ayant le statut de département français comme La Réunion. L’assimilation à la France ne peut justifier l’existence de cette taxe qui augmente tous les prix à La Réunion.
La surrémunération est un supplément de salaire de 53 % versé par l’État à certains de ses agents. C’était l’extension su supplément colonial versé uniquement à une centaine de fonctionnaires expatriés à tous les fonctionnaires pour casser la force de la CGT, alors principalement dirigée par des fonctionnaires. A sa création, l’autre objectif de cette mesure était de créer une classe sociale ayant suffisamment de revenus pour acheter des produits français importés. Cette classe sociale devant tout à Paris a pris le pouvoir dans les institutions, elle a remplacé l’aristocratie sucrière.Un prix étant fonction d’un pouvoir d’achat, le vendeur n’a aucun intérêt à le baisser s’il sait qu’une classe sociale a les moyens de payer.
La moindre des chsoses de la part de l’État est de donner les moyens à l’Observatoire des Prix et des Revenus pour réaliser une étude approfondie sur l’impact de la surrémunération sur la vie chère à La Réunion et proposer des mesures pour y remédier. Il appartiendra à l’ État de mettre en œuvre les mesures proposées.
Une autre injusticemérite d’être corrigée : le non-respect des conventions collectives dans de nombreux secteurs du privé. À La Réunion, une grande part des salariés du privé sont rémunérés au SMIC. Cela crée un blocage structurel des salaires, même dans les branches où des grilles salariales conventionnelles prévoient des niveaux supérieurs. Le simple respect des conventions collectives permettrait une revalorisation automatique des bas salaires, sans attendre une décision politique nationale sur le SMIC. Ce levier, trop souvent ignoré, permettrait de redonner du pouvoir d’achat à des milliers de travailleurs.
Lutter contre la vie chère ne peut se résumer à quelques mesures symboliques. Il faut s’attaquer aux racines profondes de l’inflation locale et de la dépendance économique : fiscalité injuste, distorsions salariales, blocage des conventions collectives. Au-delà, c’est une réorientation complète du modèle économique réunionnais qui est nécessaire. Cela passe par un plan de développement ambitieux fondé sur l’objectif de plein emploi, la relocalisation des productions essentielles, et la réduction de la dépendance aux importations européennes. Un pays qui produit davantage est un pays qui maîtrise mieux ses prix et son avenir.
M.M.
Ceux qui n’ont que la France comme horizon indépassable tournent en rond
Mézami na pwin lontan mwin la ékrir in n’afèr dann in biyé pou dir d’apré sak mi antann in pé partou épi sak mi lir ossi dann zoinal, bann zansien (…)
In kozman pou la rout
NaMo Green Rail, sur la ligne Jind-Sonipa
D’autres communes concernées à La Réunion ?
Convention de subvention avec l’Agence française de développement
Archéologie : Un campement d’invaincus découvert
Création du Port Sec III
Relance du projet ferroviaire
Washington grand bénéficiaire d’une éventuelle dissolution de l’Union européenne
Na pwin lontan mi oi dann télé, in lanjin apré boulvèrs in kour lékol. Mi domann amwin pou kossa io fé sa, sirtou kan ou la bétone la kour-la na (…)
315 emplois supplémentaires en trois mois