Qui a politisé l’avenir de l’économie sucrière ?
23 septembre, parDes fonctionnaires parisiens viennent dans notre pays pour discuter de l’avenir de la canne à La Réunion
APE UE-Madagascar : Paris ne défend pas les intérêts des Réunionnais mais ceux du patronat français
26 février, par

La rencontre du 24 février 2026 entre Emmanuel Macron et Michaël Randrianirina marque un tournant économique majeur dans la région. Mais derrière les promesses d’investissements et de coopération, avec l’accord de partenariat économique entre Madagascar et l’Union européenne c’est l’avenir de La Réunion qui est en jeu. Sans stratégie de co-développement, l’île sera victime d’une mise en concurrence organisée au profit des intérêts du grand patronat français et réunionnais et deviendra une simple terre de consommation de produits importés avec une majorité de chômeurs dans la population active.
La rencontre officielle du 24 février 2026 entre les dirigeants de la France et de Madagascar ne concerne pas seulement les relations bilatérales entre deux États. Elle engage aussi, directement et profondément, l’avenir économique et social de La Réunion. Car au cœur des discussions, ce n’est pas la solidarité régionale qui domine, mais une stratégie assumée de redéploiement économique favorable aux grandes entreprises.
L’annonce d’un programme d’investissements porté par MEDEF International et le Groupement des Entreprises de Madagascar confirme une orientation claire : faire de Madagascar une nouvelle base de production à bas coût pour les entreprises liées au capital français. Cette stratégie s’inscrit dans un contexte plus large, celui de la négociation d’un accord de partenariat économique entre Madagascar et l’Union européenne, accord qui pourrait être étendu au secteur des services.
Une telle évolution ouvrirait la voie à un phénomène déjà bien connu : la délocalisation. Produire à Madagascar, où les salaires sont les plus faibles de la région, permettrait de maximiser les profits en payant un travailleur 100 euros par mois au lieu du SMIC français voire plus en cas de convention collective, tout en continuant à vendre les produits et services sur le marché réunionnais à prix d’or, à cause d’un coût de la vie artificiellement élevé à cause de la surrémunération versée par Paris à une minorité devenue classe dominante au pouvoir dans les institutions. Cette mécanique est d’autant plus préoccupante qu’elle s’inscrit dans un système où le coût de la vie à La Réunion reste artificiellement élevé, conséquence directe d’un modèle économique hérité de la période coloniale et maintenu par des choix politiques favorisant une minorité privilégiée.
Dans ce contexte, la rencontre du 24 février n’a apporté aucune réponse aux préoccupations fondamentales des Réunionnais. La question du co-développement régional, pourtant essentielle, n’a pas été placée au centre des discussions. Or, le co-développement implique un principe simple : construire des complémentarités économiques équilibrées, créatrices d’emplois et de richesses pour tous les peuples de la région, et non organiser la concurrence entre travailleurs.
La Réunion dispose d’atouts considérables : infrastructures, savoir-faire, position stratégique dans l’océan Indien. Mais sans une politique volontariste de coopération équitable avec Madagascar, ces atouts risquent d’être fragilisés. Le danger est clair : voir l’île transformée en simple marché de consommation, dépendant de productions réalisées ailleurs dans des conditions sociales dégradées.
Ce choix n’est pas une fatalité. Il existe une autre voie : celle de la solidarité régionale, du développement partagé et de la justice économique. La Réunion et Madagascar ont des destins liés par l’histoire, la géographie et les échanges humains. Le véritable enjeu n’est pas de mettre les peuples en concurrence, mais de construire un avenir commun fondé sur la dignité, l’emploi et la souveraineté économique.
Plus que jamais, la vigilance et la mobilisation sont nécessaires pour que les intérêts de La Réunion ne soient pas sacrifiés sur l’autel des profits. L’avenir de l’île ne peut être décidé sans les Réunionnais.
M.M.
Des fonctionnaires parisiens viennent dans notre pays pour discuter de l’avenir de la canne à La Réunion
Mézami dopi la rantré, néna in loi pou défann rogarde son téléfone dann lissé. I paré sa sé l pli gran bien bann lisséin. I paré konmsa zot va (…)
Retour sur la fraude électorale massive soutenue par Paris et ses complices à La Réunion
Appel à la grève, rassemblement devant la préfecture
La mission du ministère de l’Agriculture reçoit une délégation CGPER-UPNA
SUEZ obtient de SYDNE le marché de traitement des déchets de la CINOR et la CIREST (31 millions d’euros)
Impact de la crise climatique mondiale dans notre pays
Projet de désindexation des pensions sur l’inflation
Forte houle : l’océan rappelle les limites du béton
2016-2026 : 10e anniversaire de la disparition de Paul Vergès.
Le monde a changé, et La Réunion ?
Le monde a changé, et La Réunion ?