Malgré les tumultes, la CCIR tient le cap

19 juillet 2007

La CCIR affiche son rapport d’activité générale de l’année 2006, une année éprouvante en raison de l’épidémie de chikungunya et des fermetures incessantes de la Route du littoral. Pour Eric Magamootoo, 2006 aura été l’année de la confirmation d’une équipe dirigeante soucieuse de l’avenir des entreprises réunionnaises.

Les secteurs d’activité pris en charge par la Chambre de Commerce et de l’Industrie de La Réunion (CCIR) ont été rudement malmenés durant l’année 2006. L’institution n’a pourtant pas baissé les bras, même si elle reconnaît avoir été secouée, comme tous les secteurs d’activité d’ailleurs, par les multiples problèmes rencontrés par le tissu économique local. Chikungunya, Route du littoral, cyclone, les Réunionnais ont été rappelés à un peu plus de considération de la condition sanitaire de l’île, ainsi que des nombreux défis qui les attendent à l’avenir, dont le changement climatique.
Pour Éric Magamootoo, Président de la CCIR, l’année 2006 fut l’occasion pour toute la population réunionnaise de prendre « conscience brutalement de la faillite de la prévention, qui n’était plus la préoccupation de personne, et de graves lacunes en matière de gestion des déchets et d’assainissement ». La CCIR a d’ailleurs exigé que cette réalité soit prise en compte, et en priorité par l’État dans les documents de programmation 2007-2013. L’assemblée générale de la CCIR votait d’ailleurs le 4 juillet 2006 une motion exigeant des décisions urgentes en matière de gestion et de traitement des déchets à La Réunion. La CCIR s’exprime-t-elle au nom de l’incinérateur ? Alors, qu’elle se tourne vers le développement durable, on s’en étonnerait. Quoique, après l’affaire du Pôle Océan, on peut s’attendre à tout. Mais bon ! Quant à savoir, le niveau de l’aide de la CCIR aux entreprises affectées par l’aedes albopictus, Éric Magamootoo assure que la position de la chambre consulaire qu’il préside est restée claire, veillant à ce que seules les entreprises touchées, directement ou indirectement par la crise sanitaire, puissent prétendre à un accompagnement de l’État. Certains chefs d’entreprises crient encore leur indignation d’avoir été écartés des dispositifs d’aide, même si de nombreux licenciements économiques avaient été prononcés.

À propos du tourisme réunionnais

L’année 2006 aura été l’opportunité de porter une réflexion sur la stratégie globale du secteur touristique à La Réunion, même si la Chambre consulaire s’étonne qu’il n’y ait toujours pas de réponse pour la question de savoir la réelle volonté réunionnaise de miser sur un avenir touristique. Le tarissement touristique n’est plus un secret pour personne, et rares sont les institutions touristiques qui ont pu tenir le coup, malgré l’absence criante des touristes. Dans un contexte de crise, englobant l’après 11 septembre et le chikungunya bien sûr, l’action de la commission Tourisme et Loisirs s’est principalement axée sur la restructuration de l’offre et sur la relance de la destination Réunion. Opérations de promotion, plan de relance avec l’observatoire régional du tourisme, revu de la charte Réunion Qualité Tourisme, tout a été fait selon la CCIR pour booster le tourisme réunionnais. Pourtant, comme le relève Eric Magamootoo, on est à même de se demander si les Réunionnais croient au potentiel touristique de l’île. À vrai dire, c’est à se demander si toute l’aide gouvernementale promise par Dominique de Villepin, alors Premier ministre, est réellement parvenue aux acteurs du tourisme réunionnais. Certains diront que c’est avoir mauvaise langue que de le dire ainsi. Qui le dira autrement ?

Développement international

La CCIR s’est particulièrement engagée, par l’action de sa commission Développement, à abonder les actes de partenariat entre pays de la zone Océan Indien. La montée en puissance de l’Union des CCI de l’Océan Indien (UCCIOI), créée en 2005, en est l’exemple. L’année dernière, la CCI de Mayotte et les CCI françaises de Maurice et de Madagascar rejoignaient l’UCCIOI. « Les efforts de lobbying de la CCIR, à travers l’UCCIOI, ont commencé à porter ses fruits avec la signature d’accords bilatéraux entre La France et Maurice, et entre La France et Les Seychelles, facilitant notamment la délivrance des visas pour La Réunion. Des contacts ont également été pris courant 2006 avec les autorités et opérateurs de Durban et des représentants de la CCI de Perth », lit-on dans le rapport d’activité de la CCIR. Alors, pourrait-on s’inquiéter que l’attribution de visas aux Malgaches désirant se rendre à La Réunion soit toujours aussi malaisée ? Pourtant, la CCIR ne manque pas de se féliciter de la signature de partenariats avec les CCI malgaches. Notons par ailleurs que la CCIR est le partenaire exclusif pour l’île de La Réunion de l’Agence française pour le développement international. Espérons que cela sera au service des entreprises réunionnaises désireuses de travailler dans et avec les pays de la zone.
Nous avons constaté que la CCIR s’est (enfin !) questionnée sur l’importance de la prise en compte de l’identité multiculturelle de l’île de La Réunion, en organisant notamment une rencontre-débat autour de la question. Espérons que ces divers actes de partenariat avec les pays de la zone sauront mettre en valeur l’originalité réunionnaise. Le deuxième volet accordé aux activités de la CCIR - à retrouver dans notre édition de demain - apportera toute la lumière sur le développement industriel, et sur le centre régional d’innovation et de transfert de technologie.

Willy Techer


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