Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Illustration du blocage causé par le système néocolonial
23 décembre 2025, par

À La Réunion, le faible accès à la formation continue n’est pas une fatalité mais le résultat de choix structurels. Les jeunes adultes se forment moins qu’en France, les moins diplômés restent exclus des dispositifs, et cette carence alimente durablement le chômage des Réunionnaises et Réunionnais dans leur propre pays. Une urgence sociale et politique.
À La Réunion, la formation tout au long de la vie reste un privilège, non un droit effectif. En 2022, seuls 31 % des adultes âgés de 18 à 69 ans, sortis de formation initiale, ont suivi une formation au cours de l’année. Un chiffre très inférieur à celui de la France (47 %), qui révèle un décrochage profond du territoire réunionnais. Cette réalité, documentée par Insee Analyses Réunion, publié ce 22 décembre, n’est pas neutre : elle pèse lourdement sur l’emploi et l’avenir des populations locales.
Les jeunes adultes sont les premières victimes de ce système défaillant. Contrairement à la situation en France, les moins de 35 ans se forment moins que les 35-44 ans. Autrement dit, au moment même où la recherche d’un premier emploi exige des compétences, des certifications et une capacité d’adaptation permanente, la jeunesse réunionnaise est laissée sur le bord de la route.
Le diplôme initial agit comme un verrou social. Les non-diplômés accèdent très rarement à la formation continue, alors même qu’ils en auraient le plus besoin. Or, La Réunion compte bien plus d’adultes sans diplôme qu’en France. Résultat : les inégalités se reproduisent et s’aggravent. Même à niveau de diplôme égal, les Réunionnais se forment moins qu’en France, preuve qu’un véritable « effet territoire » est à l’œuvre.
La situation est particulièrement alarmante pour les demandeurs d’emploi. Moins d’un chômeur sur cinq accède à une formation à but professionnel. Comment espérer une baisse durable du chômage quand la formation reste inaccessible à celles et ceux qui en ont le plus besoin ? Ce manque de formation favorise mécaniquement le chômage des autochtones dans leur pays, en créant un décalage entre les compétences locales et les besoins du monde du travail.
Les responsabilités sont multiples : prédominance des petites entreprises peu formatrices, faible développement de la formation à distance, coût élevé des parcours, contraintes familiales et géographiques, et dépendance excessive aux initiatives de l’employeur ou du service public de l’emploi. Le compte personnel de formation, censé donner du pouvoir aux individus, reste marginalement utilisé.
À La Réunion, le droit à la formation reste théorique. Tant que l’accès à la montée en compétences ne sera pas massivement renforcé, le chômage de masse perdurera et les inégalités continueront de se creuser. Former la population locale n’est pas une option : c’est une condition indispensable à la justice sociale et au développement de notre pays La Réunion.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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