Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
Mesure en valeur ajoutée et non plus en prix de produit fini
17 janvier 2013

La compétitivité des entreprises et les performances à l’exportation dépendent de plus en plus de l’intégration des pays dans les chaînes de production mondiales et de la volonté d’ouvrir plus largement les marchés aux importations, indiquent les données préliminaires sur les échanges internationaux publiées aujourd’hui par l’OCDE et l’OMC.
L’Initiative conjointe OCDE-OMC sur les échanges en valeur ajoutée rompt avec les statistiques commerciales classiques qui mesurent les flux bruts de biens et de services à chaque franchissement de frontière. Elle cherche plutôt à analyser la valeur ajoutée par les pays dans la production des biens ou services exportés et offre ainsi une vision plus complète des relations commerciales entre les nations.
« La capacité des pays à vendre dans le monde dépend de leur aptitude et de leur détermination à acheter au reste du monde », a déclaré le secrétaire général de l’OCDE Angel Gurría en annonçant à Paris le lancement de la nouvelle base de données avec Pascal Lamy, directeur général de l’OMC, Karel De Gucht, commissaire européen au commerce et Tim Groser, ministre du Commerce extérieur de Nouvelle-Zélande.
« Les travaux que nous avons engagés avec l’OMC nous permettent d’observer plus clairement que jamais les effets préjudiciables qu’auront les obstacles aux importations sur la compétitivité des pays qui les auront dressés. Les négociations commerciales doivent faire face à ces réalités nouvelles et les pays prendre des mesures pour aider leurs entreprises à mieux gérer la place qu’elles occupent dans les chaînes de valeur internationales. »
Un nouveau classement
La première version de la base de données OCDE-OMC éclaire d’un jour nouveau les effets des chaînes de valeur mondiales sur les relations commerciales et les activités des entreprises. Elle permet de tirer les conclusions suivantes notamment :
- L’excédent commercial bilatéral de la Chine avec les États-Unis est inférieur de 25 % lorsqu’il est calculé en valeur ajoutée, écart qui s’explique par le contenu local élevé des exportations chinoises.
- Un tiers de la valeur totale des véhicules automobiles exportés d’Allemagne vient en fait d’autres pays, et le contenu étranger représente près de 40 % de la valeur totale des exportations de produits électroniques chinois.
- Les services représentent moins d’un quart de l’ensemble des échanges d’après les données commerciales classiques, mais l’estimation effectuée sur la base de la valeur ajoutée fait passer cette part à 50 % en moyenne des exportations des pays de l’OCDE, et à un niveau bien supérieur aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France, en Allemagne et en Italie — notamment parce que les services apportent une importante valeur ajoutée aux biens manufacturés.
Dégradation de la balance des exportateurs agricoles
Les grands exportateurs de produits de base comme l’Australie, le Brésil et le Canada présentent avec leurs principaux partenaires commerciaux des excédents commerciaux bilatéraux qui sont moins importants en valeur ajoutée, car leurs matières premières sont transformées avant d’être réexportées par ces partenaires commerciaux, lesquels voient ainsi se dégager les domaines qui leur offrent des possibilités de progression dans la chaîne de valeur.
Les nouveaux indicateurs des échanges en valeur ajoutée sont établis à partir des tableaux d’entrées-sorties à l’échelle mondiale élaborés par l’OCDE, qui décrivent l’interaction entre industries et consommateurs pour 58 économies, représentant 95 % de la production mondiale. La base de données est accessible via le portail statistique de l’OCDE sous le thème « Échanges internationaux et balance des paiements » et via le portail statistique de l’OMC.
La Réunion est un pays dont la principale marchandise exportée est un produit de base, le sucre. Le nouveau mode de calcul proposé par l’OMC et l’OCDE risque de dégrader encore les chiffres de notre commerce extérieur.
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