Economie

OIT : les Plans de relance vont accentuer les inégalités entre les peuples

Les pays en développement n’ont pas les moyens de financer de telles mesures

Témoignages.re / 24 septembre 2020

Cette 6e édition de l’Observatoire étudie de l’Organisation internationale du Travail également l’efficacité des mesures de relance budgétaire afin de réduire les conséquences sur les travailleurs. Or, les besoins des pays pauvres représentent 1 % du budget des plans de relance des pays riches. Ce que l’OIT appelle le « fossé de la relance budgétaire » aura pour conséquences d’accentuer les inégalités entre pays riches et pays pauvres au détriment de ces derniers.

JPEG - 90.9 ko

Dans les pays pour lesquels on dispose de données suffisantes pour le deuxième trimestre 2020, il existe un lien clair montrant que plus les mesures de relance budgétaire (en tant que pourcentage du PIB) sont importantes, plus les pertes en heures travaillées sont faibles. Pendant cette période, globalement, l’ajout au niveau mondial de 1 pour cent du PIB annuel de relance budgétaire aurait réduit les pertes en heures travaillées de 0,8 pour cent supplémentaire.

Cependant, même si les plans de relance budgétaire ont joué un rôle significatif pour soutenir l’activité économique et réduire la baisse des heures de travail, ils ont surtout été mis en œuvre dans les pays à revenu élevé, en raison du fait que les économies émergentes et en développement ne disposent que de capacités limitées pour financer de telles mesures.

Pour que les pays en développement puissent atteindre le même ratio en matière de relance par rapport aux heures de travail perdues que dans les pays à revenu élevé, il faudrait qu’ils puissent injecter 982 milliards de dollars des États-Unis en complément (45 milliards de dollars dans les pays à faible revenu et 937 milliards de dollars dans les pays à revenu intermédiaire inférieur). Les besoins en matière budgétaire pour les pays à faible revenu s’élèvent à moins de 1 pour cent de la valeur totale des plans de relance budgétaire annoncés dans les pays à revenu élevé.

Cet immense « fossé de la relance budgétaire » constitue une source d’inquiétude encore plus grande si l’on prend en compte également le déficit dans le domaine de la protection sociale qui touche de nombreux pays en développement.