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par le Dr Raymond Vergès

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Petit coléoptère des ruches

Point de suivi de la situation

mardi 23 août 2022


Une nouvelle réunion du comité de suivi du petit coléoptère des ruches s’est tenue le 18 aout avec les représentants professionnels apicoles sous l’égide de la DAAF.


Cette réunion a permis de faire le point sur la situation sanitaire et la stratégie de prospection et de lutte contre ce ravageur des ruches.

Le petit coléoptère des ruches provoque l’affaiblissement ou la mort des colonies d’abeilles.

Les impacts de ce ravageur, s’il venait à s’installer à La Réunion, seraient majeurs sur la filière apicole mais également sur l’environnement notamment pour les secteurs dépendants des activités de pollinisation des abeilles.

Situation sanitaire stable

Au 19 août, la situation sanitaire reste stable. Aucun nouveau cas positif n’a été détecté depuis le 21 juillet 2022.

Ainsi, ce sont toujours 12 foyers qui ont été détectés positifs, tous éradiqués, et tous circonscrits dans le Sud de l’île :

  • 1 foyer éradiqué à Saint-Pierre (rucher en provenance de Saint-Philippe),
  • 11 foyers éradiqués à Saint-Philippe,
  • 1 foyer éradiqué à Saint-Joseph.

Pour rappel, lorsqu’un foyer est confirmé positif par l’ANSES, il fait l’objet de mesures de police sanitaire visant à éradiquer le ravageur pour éviter sa dissémination.

C’est une information encourageante mais il faut rester vigilant.

Maintien des mesures de surveillance et d’éradication

Des mesures de prévention, de surveillance renforcée et de lutte contre ce ravageur sont mises en œuvre par les services de l’État appuyés par le Groupement de défense sanitaire (GDS).

L’objectif prioritaire est d’enrayer le phénomène qui reste naissant et de préserver ainsi l’intégrité du cheptel apiaire et l’activité apicole réunionnaise tout en assurant la continuité des actions de détection du coléoptère dans les ruchers sur l’ensemble de l’île.

Rappel de la réglementation et des mesures de restriction de mouvements

Autour de chaque rucher infesté, une zone de protection d’un rayon de 5km et une zone de surveillance de 5km supplémentaires ont été définies par arrêté préfectoral. Des mesures de police sanitaire s’y appliquent dont notamment l’interdiction stricte de déplacement des ruches et du matériel apicole, en provenance, à destination, et à l’intérieur des zones ainsi définies.

Le non-respect de ces mesures engage la responsabilité pénale délictuelle des auteurs.

La détention d’une ruche, à titre particulier ou professionnel doit obligatoirement être déclarée. Cette déclaration s’effectue par voie électronique sur : http://mesdemarches.agriculture.gouv.fr/

Les renforts spécialisés aux côtés du dispositif local

Au 19 Août, 11 agents de l’État, vétérinaires ou techniciens spécialisés dans le domaine apicole, sont venus prêter main forte aux équipes de la DAAF et du GDS. Ils sont accompagnés de l’expert national apicole du ministère de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire.

Ces agents de l’État, déjà en exercice dans des directions départementales hexagonales du ministère, sont mis à la disposition temporairement de la préfecture de La Réunion.

Ce renforts d’experts est une pratique régulière entre départements ou entre régions dans les cas de déploiement de plans d’urgence sanitaire par l’autorité préfectorale nécessitant des moyens importants et immédiats pour mettre fin à un danger ou un risque sanitaire dont la lutte relève de la responsabilité de l’État.

Mesures prises pour éviter tout risque d’exportation du ravageur vers le reste du territoire national

À ce jour, le reste du territoire national est indemne de ce ravageur. Les modalités de son introduction à La Réunion restent encore inconnues.

Face au risque d’exportation du petit coléoptère des ruches, du fait des mouvements de voyageurs ou de fret, le préfet de La Réunion a décidé le 1er août 2022 d’interdire, à titre préventif et quel qu’en soit le moyen ou le contenant, pour une durée d’une année, le transport au départ de la Réunion des :

  • Abeilles, reines et bourdons,
  • Miel en rayon,
  • Sous-produits apicoles non transformés,
  • Équipements et matériels apicoles.

Ne pas respecter ces règles participerait, ou pourrait être la cause, d’une dissémination du ravageur et occasionnerait de très lourdes conséquences sanitaires et économiques pour la filière apicole nationale.

Il est d’ailleurs rappelé à tous, professionnel ou non, que par arrêté préfectoral n°413/SGAR/DAAF du 24 mars 2016, toute introduction ou importation à La Réunion des produits suivants est strictement interdite, quelle qu’en soit la forme ou les modalités :

  • matériel apicole ayant servi à l’exploitation d’un rucher ;
  • miel et pollen à visée de nourrissement ou de complémentation alimentaire des colonies d’abeilles ;
  • cires d’abeilles ayant servi à l’exploitation d’un rucher ;
  • abeilles vivantes ou mortes du genre Apis.

Mesures d’accompagnement des apiculteurs

Les expertises en vue de l’indemnisation des apiculteurs, professionnels ou amateurs, qui ont vu leurs ruchers dépeuplés et détruits sur demande de l’administration ont été effectuées. Les indemnisations sont actuellement en cours de traitement au profit des apiculteurs concernés.

En complément, les services de l’État sont mobilisés pour accompagner sur le plan technique et humain les apiculteurs dont les ruchers ont dû faire l’objet de destruction.

Depuis l’apparition de ce ravageur, les professionnels sont régulièrement tenus informés de l’évolution de la situation par les services de l’État.

Les journées apicoles des 21 et 22 juillet ont notamment permis des échanges fructueux et ouverts avec les apiculteurs. Les réunions régulières du comité de suivi participent aussi à cette information.

Tout apiculteur, professionnel ou amateur, constatant ou suspectant la présence du ravageur Aethina tumida doit obligatoirement informer immédiatement le vétérinaire chargé du suivi de son rucher ou les services de la direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt : alimentation.daaf974@agriculture.gouv.fr ou 02 62 30 89 89 ou, le soir et le week-end, le service régional de la communication interministérielle au 02 62 40 77 77.


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