Economie

PIB par habitant à La Réunion : 63 % du PIB par habitant en France

Bilan économique 2018 de La Réunion par l’INSEE

Témoignages.re / 7 juin 2019

Hier, l’INSEE a présenté le bilan économique 2018 de La Réunion. Les données indiquent une dégradation, avec une croissance économique inférieure à celle de la France, une hausse du chômage, une inflation plus forte et un investissement à l’arrêt. Le PIB par habitant représente 63 % de celui de la France. Ce bilan est une illustration supplémentaire de la crise qui touche La Réunion depuis des décennies, et dont la sortie n’est pas envisageable dans le cadre actuel. Voici la reproduction de l’étude de l’INSEE parue hier :

JPEG - 74.5 ko
La concentration de l’argent public sur la route en mer n’a pas stimulé l’investissement à La Réunion.

« En 2018, l’activité ralentit fortement à La Réunion : la progression du produit intérieur brut en volume est de + 1,7 % après quatre années de croissance autour de 3 %. Cette année est marquée par un marché du travail pénalisé par la baisse des contrats aidés. L’activité économique a également pâti en fin d’année des blocages routiers liés au mouvement des Gilets jaunes. De fait, l’emploi salarié diminue pour la première fois depuis 2012 (- 3 400 emplois), surtout dans les associations et le secteur public. Le taux de chômage au sens du BIT remonte en conséquence à 24 %. Pour autant, le revenu disponible brut des Réunionnais continue à progresser (+ 2,6 %), porté par la hausse des salaires et des prestations sociales. Même amputé par une inflation de 1,8 % en 2018, le pouvoir d’achat total à La Réunion progresse de 0,7 % et la consommation des ménages reste le premier moteur de croissance. Elle progresse de 1,1 % en volume, après plusieurs années de hausse soutenue au-dessus de 3 %. La consommation des administrations publiques et l’embellie qui se poursuit dans le secteur du tourisme soutiennent également la croissance. En revanche, l’investissement est à l’arrêt et la campagne sucrière difficile pénalise les exportations réunionnaises.

L’activité ralentit fortement en 2018 à La Réunion : la progression du PIB en volume est de + 1,7 % après quatre années de croissance autour des 3 %. Le repli du marché du travail conjugué à une reprise de l’inflation limitent l’augmentation du pouvoir d’achat des Réunionnais. La consommation des ménages progresse ainsi faiblement (+ 1,1 %). Dans le même temps, la consommation des administrations et l’investissement ralentissent également. Seules les dépenses des touristes tirent leur épingle du jeu.

Le PIB par habitant progresse de 1,9 % en valeur en 2018, soit nettement moins vite qu’en 2017 : il s’établit ainsi à 22 200 euros en 2018. Pour la première fois depuis 2011, la hausse du PIB par habitant national (+ 2,2 %) est ainsi plus forte qu’à La Réunion. Le rattrapage réunionnais marque le pas : le PIB par habitant réunionnais représente 63 % du niveau national, comme en 2017.

Coup de frein sur la consommation

À La Réunion, la consommation des ménages contribue toujours à la croissance en 2018. Mais elle progresse faiblement cette année : + 1,1 % en volume après plusieurs années de croissance soutenue au-dessus de 3 %. Ce net ralentissement s’explique par une faible progression des revenus d’activité versés en 2018 : seulement + 2,2 %.
L’année 2018 est en effet marquée par une situation du marché du travail qui se dégrade. L’emploi salarié est en recul sur l’année 2018, en lien avec la baisse du nombre de contrats aidés et les blocages liés au mouvement des Gilets jaunes de la fin d’année : - 3 400 emplois entre le 4e trimestre 2017 et le 4e trimestre 2018. Le taux de chômage au sens du Bureau international du travail augmente ainsi de nouveau en 2018, pour s’établir à 24 % de la population active. Il augmente de deux points depuis 2016, après avoir décru entre 2013 et 2016.
La progression du pouvoir d’achat est également amputée par l’augmentation des prix à la consommation : + 1,8 % sur un an, soit la plus forte inflation depuis six ans. Au final, le pouvoir d’achat progresse peu (+ 0,7 %) et les ménages ajustent leur consommation.

Ralentissement de la consommation des administrations publiques

Les dépenses de consommation des administrations publiques ralentissent également. Après une hausse de 3,2 % en volume en 2017, elles ne progressent que de 1,5 % cette année. Les dépenses de l’État continuent de progresser à un rythme soutenu (+ 2,7 % en valeur). En revanche, celles des administrations locales ralentissent franchement cette année (+ 0,9 % en valeur).
En 2018, la fréquentation touristique continue d’augmenter à un rythme soutenu (+ 5 % de touristes extérieurs en plus). De plus, les touristes ont dépensé davantage que les années précédentes. En conséquence, les dépenses touristiques progressent très fortement (+ 21 % en valeur). Elles constituent ainsi cette année le troisième moteur de la croissance réunionnaise, après la consommation des ménages et celle des administrations publiques.

Un investissement presque à l’arrêt

En 2017, l’investissement avait commencé à ralentir : il avait progressé de 3,2 % en volume après + 6,1 % en 2016. En 2018, la hausse de l’investissement est encore plus modeste (+ 1,3 % en volume) et sa contribution à la croissance est désormais très faible. Si l’investissement continue de progresser dans le bâtiment, il est désormais en net recul pour les biens d’équipement, après des années 2014 à 2016 très dynamiques.
En lien avec la faiblesse de la consommation et de l’investissement, les importations sont stables en 2018 (+ 0,1 % en volume) et ne pèsent donc pas sur la croissance. En revanche, ce sont les exportations, en retrait de 9,4 % cette année, qui contribuent négativement à la croissance. Les exportations de poissons diminuent de 10 % en valeur, en lien avec la baisse du prix de vente de la légine. En parallèle, les exportations de sucre se replient plus encore après une campagne sucrière catastrophique (- 29 % en valeur). »