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Un émissaire chinois en Afrique réfute les allégations du prétendu « piège de la dette »
27 mars 2023

Xue Bing, envoyé spécial de la Chine dans la Corne de l’Afrique, a réfuté mardi le cliché sans fondement selon lequel son pays créerait un « piège de la dette » en Afrique, qualifiant ces affirmations de « piège narratif ». Les trois quarts de cette dette étaient détenus par des institutions financières multilatérales et des créanciers commerciaux, 35 % par des prêteurs privés occidentaux, soit près de trois fois le total des obligations envers la Chine. Majoritairement libellée en dollars, cette dette a augmenté mécaniquement à cause de la réévaluation de la monnaie nationale des États-Unis.
S’adressant mardi à la presse à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, Xue Bing, envoyé spécial de la Chine dans la Corne de l’Afrique, a déclaré que le fardeau de la dette de l’Afrique ne devait pas être imputé à la Chine.
Des rapports d’institutions internationales et des recherches montrent que la dette africaine est principalement constituée d’obligations détenues par des créanciers privés occidentaux. M. Xue a affirmé que la déformation des faits et la vérité prouvaient que certains pays exprimaient des mensonges au sujet de la question de la dette africaine.
Les données de la Banque mondiale parues l’an dernier ont montré que sur un total de 696 milliards de dollars de dette extérieure dans les 49 pays africains disposant de données accessibles, les trois quarts étaient détenus par des institutions financières multilatérales et des créanciers commerciaux, soit la part du lion des dettes de l’Afrique ; 35 % de la dette étaient dus à des prêteurs privés occidentaux, soit près de trois fois le total des obligations envers la Chine, a-t-il indiqué.
Alors que la cause de la crise de la dette est multiforme — la pandémie de COVID-19, les conflits géopolitiques et les prêts institutionnels excessifs — Xue Bing a déclaré que les hausses de taux de la Réserve fédérale américaine l’année dernière avaient porté préjudice à l’Afrique.
Pour l’envoyé spécial, le fait de blâmer la Chine au sujet des problèmes de dette provoque une confusion dans l’esprit du public et détourne l’attention des véritables responsables.
Etant donné que la plupart des dettes des pays émergents et à faible revenu sont payées dans une devise étrangère, notamment le dollar, la politique monétaire irresponsable des États-Unis a aggravé les problèmes d’endettement de ces pays, a-t-il fait remarquer.
Soulignant le lien entre dette et développement socioéconomique, M. Xue a estimé que si la dette extérieure contribuait au développement économique et social d’un pays à long terme et qu’elle pouvait être gérée de manière adéquate, elle pouvait alors être qualifiée de bonne dette. Les statistiques montrent que depuis la création du Forum sur la coopération sino-africaine, a-t-il dit, les entreprises chinoises ont construit ou modernisé plus de 10.000 km de voies ferrées et près de 100.000 km de routes, créant plus de 4,5 millions d’emplois.
En 2021, le volume des échanges entre la Chine et l’Afrique a dépassé les 250 milliards de dollars. Mais selon les statistiques officielles américaines, la valeur en 2021 des exportations américaines vers l’Afrique était de 26,7 milliards de dollars et de 37,6 milliards de dollars pour les importations, deux chiffres nettement inférieurs à ceux publiés une décennie plus tôt, a indiqué le diplomate.
Pour aider les pays africains à réduire le fardeau de leur dette, la Chine a activement participé à l’Initiative de suspension du service de la dette du G20, a signé des accords de suspension de la dette ou bien est parvenue à un consensus sur l’allégement de la dette avec 19 pays africains ; enfin elle a suspendu la plupart des paiements du service de la dette parmi les membres du G20, a-t-il précisé.
La Chine s’est également activement engagée dans le traitement au cas par cas de la dette du Tchad, de l’Ethiopie et de la Zambie dans le cadre du G20.
En revanche, a-t-il poursuivi, les plus grands créanciers d’Afrique — à savoir les créanciers privés internationaux et les institutions financières multilatérales — sont absents des actions actuelles d’allégement de la dette.
Xue Bing a noté que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) avaient lancé l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés, ainsi que l’Initiative d’allégement de la dette multilatérale en vue de réduire la dette des pays pauvres très endettés ; il a aussi rappelé que le FMI avait fourni 250 milliards d’euros (soit 268 milliards de dollars) pour aider à répondre à la crise de la dette européenne.
Enfin, il a souligné que ces institutions financières devraient être présentes dans les actions d’allègement de la dette en Afrique. En tant que premier actionnaire de la Banque mondiale et du FMI, les États-Unis devraient assumer leurs responsabilités et jouer un rôle plus important.
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