Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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Etude de l’INSEE sur la « cartographie de la pauvreté »
5 octobre 2018

L’INSEE a publié mardi le résultat d’une étude sur les inégalités entre les 114 quartiers de La Réunion. Elle souligne que les pauvres se concentrent notamment dans certaines zones urbaines et indique également l’existence de poches de richesse, et cela à l’intérieur d’une même commune. C’est précisément dans les quartiers où les pauvres sont les plus nombreux que la situation s’est dégradée ces dernières années.
Les Réunionnais font face à une précarité monétaire beaucoup plus importante qu’en France. Selon l’INSEE, en 2014, 40 % de la population vivaient sous le seuil de pauvreté défini nationalement, qui s’élève à environ 1 000 euros par mois et par unité de consommation, soit trois fois plus qu’en France. Fin 2016, 94 000 bénéficiaires du Revenu de Solidarité Active (RSA) sont recensés à La Réunion, soit 17 % de la population âgée de 15 à 64 ans.
« Ces situations de précarité affectent de manière différenciée les 114 grands quartiers réunionnais. Ainsi, le taux de pauvreté monétaire s’échelonne de 15 % à Sainte-Marie La Mare à 61 % à Saint-Louis-Sud. De même, la part des familles monoparentales, plus exposées à la pauvreté, varie de 14 % à La Possession Ravine à Malheur à 56 % au Port-ZAC. La part de logements sociaux culmine à 78 % au Port ZUP, alors qu’ils sont par exemple rares à La Mare et au Plate », indique l’INSEE.
L’INSEE note également que « la situation se dégrade entre 2010 et 2015 dans les quartiers urbains cumulant les difficultés socio-économiques »
Au cours de la première moitié de la décennie 2010, malgré un redémarrage de l’activité économique, la situation socio-économique des habitants évolue peu à La Réunion. Ainsi, le taux d’emploi n’augmente que légèrement, passant de 43,9 % en 2010 à 45,1 % en 2015. Dans le même temps, les jeunes de 16 à 24 ans éprouvent tout autant de difficultés qu’en 2010 à obtenir un emploi, malgré une nette progression du nombre de jeunes titulaires d’un diplôme (+ 7 points). En parallèle, la part de personnes bénéficiant du seul RSA-socle augmente : ils sont 83 600 en 2016, soit 15 % des personnes de 15 à 64 ans (+ 1 point par rapport à 2011). Ces personnes qui ne perçoivent ni RSA activité, ni prime d’activité sont les plus éloignées de l’emploi. Par ailleurs, la vulnérabilité infantile et familiale reste préoccupante, avec en particulier la part des enfants de parents sans emploi qui se stabilise à un niveau élevé (38 %).
Pour le groupe de quartiers urbains qui cumulent les difficultés socio-économiques, la situation n’évolue guère, voire se dégrade au regard de plusieurs indicateurs. Ainsi, l’accès à l’emploi stagne, alors qu’il était déjà faible en 2010 : seulement 34 % des personnes en âge de travailler ont un emploi. La situation se détériore même au Port-ZUP (- 7 points) et à Saint-Denis-Le Chaudron (- 2 points). C’est aussi dans ce groupe que la part de personnes en âge de travailler et bénéficiant du RSA-socle a le plus progressé (+ 2 points). À Saint-Benoît-Bras Fusil et à Saint-Denis-Le Chaudron, la hausse est la plus vive (+ 4 points). La part de jeunes ni en emploi, ni en formation est aussi en légère hausse dans ce groupe de quartiers, alors qu’elle stagne ou diminue légèrement ailleurs : c’est particulièrement le cas à Saint-André-Centre et à Saint-Benoît-Centre (+ 5 points). Autre signe de fragilité sociale, la part d’enfants sans parent en emploi augmente très fortement au Port-Zup (+ 13 points), au Port-ZAC (+ 12 points), à Saint-Benoît-Centre (+ 12 points) ou à Saint-Denis-Le Chaudron (+ 7 points).
Dans ce groupe de quartiers les plus précaires, au vu des indicateurs mobilisés ici, la situation s’améliore uniquement pour les quartiers de Saint-Pierre-Basse Terre et de Port-Rivière des Galets, dont l’accès à l’emploi progresse entre 2010 et 2015 (respectivement + 4 et + 5 points).
En revanche, la situation socio-économique évolue plus favorablement pour le groupe des quartiers pauvres de propriétaires à dominante rurale et celui des quartiers moins pauvres et éloignés des centres-villes. Les habitants sont ainsi un peu mieux insérés dans l’emploi en 2015 : + 2 points pour le taux d’emploi pour chacun de ces groupes. De plus, le nombre de bénéficiaires du RSA-socle y diminue, alors qu’il augmente dans tous les autres groupes, y compris dans le groupe des quartiers les plus aisés. Enfin, la part des enfants sans parent en emploi y est relativement stable, alors qu’elle augmente assez fortement dans les autres groupes de quartiers.
L’amélioration est particulièrement sensible pour les habitants de Saint-André Ravine Creuse, Saint-Joseph Langevin, Saint-Paul Barrage-Saint-Coeur, Saint-Pierre Bois d’Olives et Le Tampon Bérive-Petit Tampon-Grand Tampon, au sein du groupe des quartiers pauvres de propriétaires à dominante rurale. Il en est de même pour les quartiers de Saint-Benoît Bourbier, Saint-Paul L’Étang - Cambaie, Saint-Pierre Ligne Paradis, Saint-Pierre Ligne des Bambous et Saint-Pierre Montvert les Hauts pour le groupe des quartiers moins pauvres et éloignés des centres-villes.
(Source INSEE)
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