Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
Proposition de la CGPER
18 avril 2006

La Confédération générale des planteurs et des éleveurs de La Réunion a entamé une démarche auprès du ministère de l’Outre-mer pour que les producteurs de fruits et de légumes puissent bénéficier d’une enveloppe spéciale pour l’aide au transport.
Dans le cadre des négociations des POSÉI (Programmes d’options spécifiques à l’éloignement et à l’insularité), la CGPER demande une aide au transport de 20 centimes d’euros par kilo pour l’acheminement des fruits et légumes par les producteurs de leur parcelle au centre de collecte et de vente.
Pour Jean-Yves Minatchy, "cette mesure-phare est indispensable au développement de cette filière car elle permettra aux producteurs de maintenir leur niveau de revenu durement touché avec l’augmentation du carburant (150% en 10 ans), des véhicules de transport et les incertitudes qui pèsent sur la défiscalisation."
Cette proposition, en discussion au ministère de l’Agriculture, aurait trouvé un écho favorable à condition qu’elle soit destinée aux fruitiers et maraîchers qui livrent dans des structures de commercialisation.
Des conditions de travail
de plus en plus difficiles
La CGPER dénombre environ 2.000 exploitants agricoles dans la filière fruits et légumes. Ils produisent 100.000 tonnes par an. Si sept cents agriculteurs écoulent près de 20.000 tonnes par an sur le marché de gros, le restant est vendu aux autres structures organisées et sur les marchés forains, soit 80% de la production.
Sur ces 2.000 agriculteurs, 95% travaillent dans des conditions très difficiles, et le président de la CGPER donne l’exemple de Salazie où les fortes pluies ont détruit et la production et l’outil de travail, puisqu’elles ont emportées les terres. Vu la petitesse des exploitations et les grandes distances qui les séparent des Bas, la grande majorité d’entre eux ont du mal à s’en sortir. D’autant plus que les petits et les moyens producteurs doivent faire face à la concurrence sauvage des produits d’importations, ail, oignons, carottes et autres, venus d’Australie, d’Inde ou de Chine. Ces produits créent de nouveau de la concurrence sur le marché de gros. Si une manifestation de l’organisation syndicale avait permis de ralentir le phénomène l’année dernière, en 2006 il reprend de l’ampleur et la CGPER demande aux autorités d’y remédier.
Les petits et moyens producteurs de fruits et légumes doivent encore subir l’augmentation des coûts de production, l’engrais a augmenté de 33% et les herbicides de 45%.
Ayant pris connaissance qu’une enveloppe du ministère de l’Outre-mer est prévue spécialement pour l’aide au transport des fruits et légumes. La CGPER a envoyé un courrier à Annie Bertrand Wartner, chargée de mission au ministère de l’Agriculture et de la Pêche outre-mer en lui indiquant qu’il est nécessaire que les producteurs réunionnais puissent bénéficier de cette enveloppe.
Eiffel
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