Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
4 octobre 2008, par

200.000 repas dans les établissements scolaires échappent chaque année à l’agriculture locale. Les appels d’offre ne sont-ils pas adaptés aux produits péi ou les producteurs ne sont-ils pas suffisamment organisés ? Le Conseil Général a incité producteurs et acheteurs à unir leurs efforts pour des résultats dès 2009.
Comment faire pour que les fruits, légumes, et viandes péi se retrouvent dans les plateaux-repas de nos enfants à l’école ? Le problème n’est pas nouveau, agriculteurs et politiques s’accordent à dire que la restauration collective est un marché local à conquérir, d’autant plus que l’île s’achemine vers le million d’habitants. 200.000 repas distribués chaque jour dans les écoles, collèges, lycées, universités, c’est pour l’agriculture une occasion de développement à saisir. Un seul repas par semaine en produits péi suffirait à créer de l’activité pour 5 jeunes agriculteurs, et autant d’emplois indirects.
La table ronde organisée hier par le Département, la Chambre d’agriculture et la Fédération régionale des coopératives agricoles a abouti à un engagement. Celui de mener des « expériences pilotes au sein des communes volontaires », a souligné Nassimah Dindar, pour proposer des repas à base de produits péi dès la rentrée 2009 dans les établissements scolaires. Une charte d’intention a été signée.
Pour le moment, la part des produits locaux dans la restauration collective reste insignifiante. Seulement 2500 tonnes de fruits et légumes, soit 2% de la production atterrit dans les cantines scolaires alors que 200.000 repas sont distribués par jour. Et ce n’est pas le manque de produits agricoles qui l’expliquerait puisque 115.000 tonnes de fruits et légumes sortent de terre chaque année, et 25.000 tonnes de viandes sont produites.
Pourquoi les produits locaux n’accèdent-ils pas à la restauration collective ? Appels d’offre inadaptés aux producteurs ? Manque d’organisation des filières ? Prix trop élevés ? Toutes ces raisons ont été évoquées hier par les producteurs, les acheteurs publics, et les professionnels agricoles. Pour Michel Sinoir, directeur de la DAF, les points de blocage ne sont pas réglementaires, les produits répondent aux normes européennes. Il existe même, a tenu à rappeler Raymond Lauret, vice-président régional, un organisme de certification indépendant, l’Octroi (organisme certificateur tropiques et Réunion Océan Indien qui assure la traçabilité.
Livraison à centraliser
La difficulté vient surtout du manque d’organisation. Seulement 30% de la production locale de fruits et légumes est issue d’organisations de producteurs. Comme l’explique Jean-Jacques Vlody, vice-président du conseil général en charge de l’agriculture. « Les filières bovines, laitières, avicoles sont bien organisées pour répondre aux appels d’offre. Les fruits et légumes n’ont que 30% de production dans les organisations de producteurs. Il est évident qu’il n’est pas possible pour un producteur seul, à l’exception d’un ou deux, de répondre aux appels d’offre. » L’organisation est une condition nécessaire pour répondre aux commandes publiques, tant les exigences en termes de quantité et de livraison sont élevées.
Exemple à Saint-Denis. La commune dispose de 65 points de livraison. Elle a besoin d’une tonne de légumes pour offrir aux enfants une salade par jour, de trois tonnes de légumes pour le plat principal, et de 19.000 fruits par semaine. Les écoles doivent être livrées tous les deux jours. La commune est intéressée par un partenariat avec les producteurs locaux d’ici 2009 mais elle est consciente de l’effort à faire pour centraliser les livraisons, qui représentent un coût supplémentaire pour les producteurs locaux.
Pour Joël Grondin, responsable d’une organisation de 165 producteurs, les 8.000 tonnes de fruits et légumes produits chaque année vont d’abord aux grandes enseignes. Seulement 1,5% vont aux collectivités locales, et 820 tonnes de légumes transformés pour les hôpitaux. Le vrai problème reste la livraison et non la qualité. 35 producteurs ont déjà reçu la certification de l’octroi pour l’agriculture raisonnée.
Et la différence de prix entre produits importés et produits péi ? Un responsable de la restauration collective au Tampon justifiait ainsi son choix pour les steaks importés : « le steak péi me revient à 0,90 euros au lieu de 0,45 euros ». Patricia Dennemont soulignait que les prix pourraient être adaptés si les acheteurs publics s’engagent à augmenter les volumes contractualisés.
Mais les prix des produits locaux pourront-ils jamais rivaliser avec les produits importés ? La question est de savoir si les acheteurs publics sont prêts à payer un peu plus cher des produits frais et à refuser que la Réunion devienne « le dépotoir de la mondialisation », dixit Raymond Lauret. Rendez-vous est fixé à la rentrée 2009.
EP
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