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L’apiculture à La Réunion
25 octobre 2008

Sans abeilles, plus de pollinisation. Sans abeilles, plus de miel, plus de fruits, certaines espèces de la flore pourraient même disparaître. Nous sommes loin de cette situation. Mais il faut réagir vite, dès maintenant. Alors, qui s’inquiète de l’insecte pollinisateur ? Qui soutient l’apiculteur ?
Dans son rapport remis au Premier ministre, le Député de Haute Savoie, Martial Saddier, mettait en exergue l’importance de protéger l’abeille et d’organiser la filière apicole. Ici, l’apiculture réunionnaise ne démérite pas. Que dire alors de la Coopémiel, et des syndicats qui regroupent les défenseurs de l’abeille ? Notre île compte environ 20.000 ruches et un millier d’apiculteurs. Mais, rappelle un apiculteur professionnel, « nana bokou i di zot lé apikiltèr, soman konbien lé anrezistré dési rezist ». Tout apiculteur a son importance. « Quelques apiculteurs vivent uniquement du miel. Cela représente une dizaine d’apiculteurs. Notre île compte une centaine de professionnels qui, eux, pratiquent la diversification », rappelle Benoît Giraudet du Syndicat Apicole de La Réunion (SAR). La place des apiculteurs amateurs est donc importante. En effet, 89,5% des apiculteurs locaux, répartis partout dans l’île, sont en fait des passionnés de l’insecte et de son nectar. Ils contribuent comme les professionnels à la pollinisation des divers fruits et légumes que l’on retrouve sur nos étals. Apiculteurs, professionnels et amateurs, travaillent-ils ensemble ? Le Député Martial Saddier note une désorganisation de la filière à l’échelle nationale. « A La Réunion, on a 4 organisations apicoles, et nous travaillons ensemble. Nous sommes une équipe d’apiculteurs soudée, professionnels et amateurs. Nous sommes avant tout des passionnés », fait observer Benoît Giraudet. Il relève cependant l’importante de soutenir la filière, notamment en pérennisant le poste de technicien apicole, créé grâce au fonds de l’Office de développement apicole des DOM (ODADOM). Le technicien apicole joue un rôle prépondérant dans la filière apicole réunionnaise. Certes, les apiculteurs se défendent de parler argent. C’est avant tout une question de passion.
S’inquiète-t-on des insectes ?
Quand l’apiculteur produit 1 euro de miel, il génère 30 à 40 euros sinon plus. S’il y a des fruits, c’est grâce à l’abeille. Mais que pourrait générer l’apiculteur si l’abeille disparaît ? Pour éradiquer le chikungunya, on a pris le risque de sacrifier en même temps que les moustiques nos insectes les plus utiles, et on a fini par constater la mortalité inquiétante des insectes pollinisateurs. Durant cette période d’épandage d’insecticide puissant, la production de miel avait d’ailleurs chuté, représentant seulement 15% de la production habituelle. Cette année, la production de miel est plus conséquente, fruit de l’acharnement des apiculteurs. Le cheptel des abeilles domestiques s’est quelque peu reconstitué, suite au renouvellement de la population d’ouvrières et de la reine dans la ruche. Mais que dire des abeilles sauvages, des guêpes, des mouches charbon, tous pollinisateurs ? Les conséquences sur l’environnement seraient consternantes. On connaît l’adage. L’abeille est une sentinelle de l’environnement. Si l’abeille va mal, l’environnement va mal. Mais qu’en serait-il si les insectes pollinisateurs disparaissaient ? L’Homme est entièrement responsable, et risque fort de provoquer la mort de l’abeille. Le député préconise la création d’un institut technique et scientifique de l’abeille, chargé de mener la recherche sur la préservation de l’espèce. Cela fait suite aux préconisations du Grenelle de l’Environnement. Les apiculteurs réunionnais espèrent que cela trouvera application dans les actes, que ce ne soit pas des paroles en l’air. Ils comptent non seulement défendre leur production, mais veulent aussi s’assurer de la préservation d’un insecte utile pour notre environnement.
Bbj
Kozman in prodiktèr d-miel
« Moin, mi panss nana lantant ant prodiktèr d-mièl. I fo n’i kontini regroup anou, mèm sat lé pa profésionèl i fo li vien done la min. Kan navé le shik’, nou té trakasé, ansanm. Militèr èk bann travayèr la komine té fane partou zot poison partou, é nou té voi nout zabèy krèv an grap. Nou la pèrd nout rïsh. Astèr, nou la repri le desi, nou la gingn reprann nout zaktivité. Mé si nou vé èt pli for, èt inn filièr an ord, nou doi organiz anou ankor plis. Si le miniss i di i fo nou organiz pliss, mi di wi. Soman apré, i fo léta i done la min vréman po-k n’i avans. Dan mon moush a miel, na poin in grin sibvansion. Sé moin la mèt la min à la posh », explique un apiculteur du Sud de l’île.
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