Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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Élection à la Chambre d’agriculture
25 janvier 2013

Les agriculteurs sont invités à voter pour élire leurs représentants au sein de la Chambre d’agriculture. Le mode de scrutin a changé, car le vote s’étale du 18 au 31 janvier. Nous avons interrogé Maurice Singaïny, planteur de cannes à Saint-Paul, qui appelle à voter pour la “Liste de Rassemblement des Agriculteurs de La Réunion” de la CGPER. Cette liste est conduite par Jean-Yves Minatchy, le président sortant.
Maurice Singaïny habite à Villèle. Il cultive 5 hectares de cannes selon des techniques modernes, irrigation aux gouttes à gouttes, épierrage et coupe mécaniques. Tout cela coûte cher. Ce qui le désole le plus, c’est le prix de l’engrais qui atteint aujourd’hui 750 euros la tonne. Pour l’engrais liquide, il faut compter au moins 2.000 euros. Du coup, le rendement social de l’exploitation peut être résumé ainsi : « Du temps de mon grand père, un hectare la fait vive in famy 14 zenfans. Zordi, avek 5 ha, mwin na la peine fé viv un famy 4 personnes. Y fodré 7 ha et demi ».
Ou alors il faudrait jouer sur d’autres critères ?
Maurice est conscient qu’à ce rythme, ce n’est plus possible. Il faudra baisser les coûts de production. Ou alors il faudra diversifier pour pouvoir compenser le manque à gagner dans la canne. Il a plusieurs idées pour diversifier, mais souhaite intégrer tout ça dans une politique agricole et rurale. Il pense aussi aux autres agriculteurs. D’après lui, les planteurs doivent peser dans les négociations concernant la prochaine convention planteurs-usinier.
Il est aussi préoccupé par le foncier agricole
Convaincu de l’avenir de la profession, il milite pour la sauvegarde du foncier agricole. Il souhaite que la prochaine mandature de la Chambre verte fixe comme priorité la récupération des terres pour les mettre au service des planteurs, et surtout des jeunes. La mairie doit arrêter de déclasser des terrains pour enrichir les spéculateurs. « Donne la terre sat y travay la terre. Kosa i fo in zene ? In terrain ek in caze. La Chambre i doit okupe les productions. Mé li doit occupe aussi lo boug i plante. Si li viv mal, le rendement lé pas bon. »
Saint-Paul est une grande commune agricole et rurale. Avec les besoins de la population en produits et en emplois, il faut sauvegarder le foncier pour l’agriculture sur 2 ou 3 générations. D’ailleurs, il déclare que son soutien à la liste de Jean-Yves Minatchy est motivé par la nécessité de renforcer la cause des planteurs face aux spéculateurs. Ils s’enrichissent parce que les maires sont complices : ils déclassent les terrains.
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