Fiscalité

Taxe sur l’équarrissage : on va encore payer

Le gouvernement se décharge à nouveau de ses responsabilités

14 janvier 2004

Les professionnels de la boucherie-charcuterie se sont rassemblés, lundi à l’abattoir de Saint-Pierre, pour manifester leur mécontentement face à la nouvelle taxe destinée à financer l’équarrissage décidée par le gouvernement et votée par sa majorité parlementaire (voir l’édition d’hier).
Initialement, l’équarrissage (traitement des cadavres d’animaux) est un service public financé par l’État. Préoccupé uniquement par sa politique économique de restriction budgétaire, le gouvernement ne veut plus assumer cette charge et préfère la déléguer aux professionnels. Ceux-ci, pour pouvoir l’assumer vont devoir réviser leurs prix à la hausse. La Chambre de Métiers, en concertation avec le sous-préfet de Saint-Pierre, la direction des Services vétérinaires et la direction de l’abattoir, a proposé de « sensibiliser les collectivités locales dans les meilleurs délais afin d’étudier les possibilités de soutien financier ».
Quoi qu’il en soit, ce sont de nouveau les Réunionnais qui vont devoir mettre la main à la poche.
Selon Jean-Yves Minatchy, président de la CGPER (Confédération générale des planteurs et éleveurs réunionnais), c’est au gouvernement d’assumer ses responsabilités. « A sak fwa, sé nou i pèy lé po kassé. Si lafèr na dé répèrkusion su bann zélvèr, anou nou domann lo rotré pir é simp de la taks ».
Pour l’heure, ne sont concernés que les professionnels de la boucherie-charcuterie, mais les risques de répercussions sur l’ensemble de la filière viande sont prévisibles et seraient désastreux pour les éleveurs qui se remettent à peine des conséquences de difficultés diverses. « Pandan trwa zan, zélvèr la été bloké akoz la sirprodiksion, zot la subi la nèz, la fré, i komans zust ansort azot de la mizèr é bann koupré i artomb. 60% dé zélvèr bovin lé déza andèté. Na pwin 56 somin, i fo alé war bann parlomantèr ».
Pour Jocelyne Séverin, propriétaire de la boucherie-charcuterie "Tradition Créole" à Sainte-Rose, cette nouvelle taxe n’est qu’un autre coup porté par le gouvernement. « On paie déjà beaucoup de taxes. Le gouvernement devrait se pencher un peu plus sur la situation des petits bouchers avant d’appliquer de telles mesures. Déjà que l’on ne travaille pas pour devenir riche, mais depuis un an, le gouvernement ne nous réserve que des mauvaises nouvelles ».
Pour cette bouchère de l’Est, il est évident que les consommateurs vont avoir à payer plus cher, c’est le seul recours qu’il reste aux professionnels marchands de la filière agricole pour pouvoir assumer cette nouvelle taxe « que l’État devrait payer et pas les petits travailleurs. Il faudra sévir aux prochaines élections, sinon ça va continuer », affirme-t-elle encore.


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