Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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Visite du ministre mauricien du Tourisme
10 mai 2022, par

Avant la crise COVID, l’île Maurice accueillait en moyenne 150000 touristes réunionnais par an tandis que 50000 Mauriciens se rendaient chaque année à La Réunion. Mais la reprise est bien plus lente que pour d’autres provenances telles que l’Allemagne ou le Royaume-Uni, avec 34 % du nombre moyen de touristes réunionnais recensés en avril dernier. Les rencontres entre la délégation mauricienne conduite par le vice-Premier ministre Steven Obeegadoo et les autorités à La Réunion avaient notamment pour but de relancer les échanges touristiques entre nos deux îles.
Une délégation conduite par Steven Obeegadoo, vice-Premier ministre de Maurice, a séjourné dans notre île de vendredi dernier à lundi. C’est la première visite officielle depuis l’élection d’un nouveau gouvernement à Maurice en 2019. Le principal objectif est de relancer la coopération, jugée « excellente » entre nos deux îles, avec un focus sur le tourisme. La pandémie de COVID-19 a en effet interrompu quasiment les échanges pendant près de 2 ans.
Pour Steven Obeegadoo, le tourisme est un moyen de rapprocher les peuples. C’est particulièrement vrai pour Maurice et La Réunion, distantes de seulement 200 kilomètres et qui partagent de nombreux points communs sur les plans historiques et culturels.
La Réunion est le pays le plus proche de Maurice. Avant la crise COVID, 150000 Réunionnais par an venaient faire du tourisme à Maurice, tandis que 50000 Mauriciens étaient accueillis chaque année dans notre île. Pour Maurice, La Réunion est le troisième marché derrière la France et le Royaume-Uni.
Après une fermeture totale de ses frontières pendant 18 mois, l’île sœur a ré-ouvert son aéroport aux touristes vaccinés contre la COVID-19. A la différence de La Réunion où aucun contrôle sanitaire n’est effectué pour les passagers vaccinés, à Maurice un test anti-génique de dépistage est obligatoire à l’arrivée. Les voyageurs non-vaccinés sont toujours astreints à une quarantaine d’une semaine à leur arrivée. Depuis la réouverture en octobre, 0,7 % des passagers ont été détectés positifs à la COVID-19, et aucun n’a été hospitalisé.
A ce jour, le nombre de touristes en provenance de l’Allemagne et du Royaume-Uni a retrouvé son niveau d’avant la pandémie. Cela signifie que pour Maurice, son second marché touristique fonctionne donc à 100 %. Cela prouve que le test de dépistage ne fait pas fuir les touristes.
Mais concernant La Réunion, le redémarrage est beaucoup plus lent. Steven Obeegadoo indique qu’en avril dernier, le nombre de touristes réunionnais à Maurice représentait 34 % de l’activité d’avant la pandémie.
Rappelons que pour venir à La Réunion depuis Maurice ou la France, un passager doit présenter un résultat négatif à un test de dépistage COVID-19, et n’est pas soumis à un test de dépistage à l’arrivée. Cette seule contrainte n’a pas empêché une reprise très importante des arrivées en provenance de la France. Mais les échanges entre Maurice et La Réunion ne connaissent pas le même reprise. 64 vols hebdomadaires reliaient nos îles, contre 5 par jour actuellement. Le ministre note également que le prix du billet d’avion, supérieur aux tarifs d’avant la crise sanitaire, constitue un frein. Il indique que ce prix est la conséquence de la crise COVID, car Air Austral et Air Mauritius ont besoin d’augmenter leur rentabilité sur cette ligne pour compenser les pertes enregistrées durant la pandémie.
La rencontre prévue hier après-midi avec la Préfecture devait donc porter sur les moyens à mettre en œuvre pour faciliter la circulation entre nos deux îles.
Maurice mise toujours sur les séjours combinés afin de renforcer une attractivité commune avec La Réunion. Steeven Obeegadoo insiste sur le fait qu’en matière de tourisme, Maurice et La Réunion ne sont pas des concurrents. Selon lui, ces deux destinations offrent des prestations différentes. L’objectif est donc de faire venir à Maurice des touristes attirés par les atouts de La Réunion et inversement.
M.M.
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