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4 juin, parNos peines
Plus que l’aide internationale ou les investissements directs étrangers (IDE)
17 juin 2022

Si vous vous adressez à la plupart des travailleurs migrants, vous entendrez parler aussi bien du soutien financier considérable qu’ils apportent aux membres de leur famille restés au pays, que des grands projets de développement qu’ils financent. Pour ce faire, ils prélèvent une partie de leurs revenus qu’ils envoient dans leurs pays respectifs via différents services de transfert de fonds.
Actuellement, on dénombre environ un milliard de personnes dans le monde concernées par les transferts de fonds. Ces transferts sont effectués soit à l’envoi ou la réception – une personne sur neuf est bénéficiaire de ces flux d’argent envoyés par des membres de sa famille qui ont migré pour travailler.
Les transferts de fonds personnels vers l’Afrique représentent en effet environ 82,7 milliards de dollars chaque année, soit près du double du flux d’investissements directs étrangers (IDE) du continent, qui s’élève à 46 milliards de dollars. Les transferts de fonds personnels vers la quasi-totalité des pays africains sont également supérieurs à l’aide publique au développement qu’ils reçoivent.
Les estimations indiquent que les trois quarts des transferts de fonds servent à couvrir des besoins essentiels sont : la nourriture et les frais médicaux, les frais de scolarité ou les dépenses liées au logement ainsi que la perte de récoltes ou les urgences familiales.
Les transferts de fonds sont par conséquent un véritable facteur de développement, qui peut être perçu au niveau des ménages, où de nombreuses familles se sont sorties de la pauvreté grâce à l’argent envoyé par leurs proches de l’étranger, jusqu’au niveau national.
Ces transferts ont revêtu une importance particulière pendant la pandémie de Covid, lorsque de nombreuses familles ont dû compter sur leurs proches à l’étranger pour subvenir à leurs besoins après que la fermeture des frontières ait provoqué l’effondrement de nombreuses entreprises, entraînant des pertes de revenus. Au début de la pandémie, il n’était pas rare que les travailleurs migrants consacrent une partie de leurs allocations de secours délivrées par l’État à l’aide apportée à leurs proches en difficulté dans leur pays, une aide qui se poursuit encore pendant la période de rétablissement.
« Alors que le Covid-19 continue de dévaster des familles dans le monde entier, les transferts de fonds restent une bouée de sauvetage essentielle pour les pauvres et les vulnérables », a déclaré Michal Rutkowski, Directeur du Département Protection Sociale et Emploi de la Banque Mondiale.
Les migrants envoient de l’argent chez eux non seulement pour aider à résoudre la situation financière de leur famille, mais aussi pour maintenir des liens familiaux à distance avec les personnes restées au pays », explique Imane Charioui, responsable de l’Afrique du Nord et centrale et du Moyen-Orient chez WorldRemit.
« Les transferts de fonds donnent aux expéditeurs un sentiment d’appartenance et une façon de montrer leur solidarité et de maintenir leur identité avec la communauté, le véritable esprit africain », ajoute-t-elle.
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