Réforme des retraites

Un comité d’experts recommande de sous-indexer les retraites

12 juillet 2025, par temoignagesceline

Le Comité de suivi des retraites a indiqué dans son avis que "le niveau de vie des retraités est élevé en comparaison européenne et [que] l’épargne des retraités a augmenté depuis 2019".

Alors que le Premier ministre, François Bayrou, doit présenter ses orientations budgétaires le 15 juillet, un comité d’experts a tenu à partager son avis sur la réforme des retraites.

Dans la dernière édition de son avis annuel, publiée le 10 juillet, les cinq membres du Comité de suivi des retraites conseillent de sous-indexer les pensions sur l’inflation, afin d’économiser quelques milliards d’euros.

« Le système de retraite ne peut pas être étudié indépendamment du reste de l’économie et [...] le débat sur l’équilibre du système de retraite ne peut pas s’abstraire du contexte plus large des finances publiques », a estimé le Comité. Le but pour cette structure est de « ramener le système à l’équilibre ».

Le Comité, à l’instar du gouvernement, rejette tout retour de l’âge légal à 62 ans. Les experts considèrent que « le niveau de vie des retraités est élevé en comparaison européenne et [que] l’épargne des retraités a augmenté depuis 2019 ».

Pourtant à La Réunion, les retraités sont les plus pauvres de France. Des données alarmantes car 37% des 75 ans et plus et 30% des 60-74 ans vivent sous le seul de pauvreté. Selon le rapport de la Fondation pour le logement, 14.000 personnes âgées vivent dans des maisons en bois sous tôle ou des habitations de fortune. Au moins 2000 n’auraient aucun accès au confort minimal.

Demander des efforts supplémentaires

Dans ces conditions, un effort supplémentaire pourrait être demandé aux retraités. Un nouveau sacrifice jugé nécessaire pour les finances publiques, a estimé le Comité de suivi des retraites.

« Une sous-indexation cumulée des pensions versées par les régimes de base de l’ordre de 2% ou un peu supérieure au cours des cinq prochaines années permettrait de ramener le système à l’équilibre en 2030 », ont calculé les auteurs.

Le Comité ne donne pas de chiffres précis sur le sujet, mais les partenaires sociaux ont examiné, lors du conclave sur les retraites, la piste d’une sous-indexation des pensions de 0,8 point en 2026, puis « de 0,4 point par an entre 2027 et 2030, soit une sous-indexation cumulée de 2,4 points », a souligné le conseil.

Des effets négatifs sont forcément attendus, mais les auteurs du rapport attestent qu’ils devraient rester limités, « dans un contexte de forte épargne des retraités », supérieure à celle des actifs.

Le Comité propose de donner de la visibilité aux principaux concernés, en précisant ce que signifie un « niveau de vie satisfaisant » pour les retraités.

Une piste déjà évoquée

Cette mesure devrait permettre d’équilibrer les comptes en 2030, mais elle reste insuffisante, a précisé le Comité, pour qui « l’objectif de pérennité financière du système de retraites par répartition n’est pas respecté ».

De nouvelles « mesures d’équilibre » seront donc nécessaires, a averti le comité. « C’est l’ensemble des instruments de pilotage, y compris le taux de remplacement, qu’il faut faire évoluer dans l’avenir. »

Cette piste consiste à éviter d’indexer totalement les retraites sur l’inflation. Or elle avait déjà provoqué d’intenses débats l’an dernier, à l’occasion de l’examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025.

Ce texte porté par Michel Barnier prévoyait alors que les retraites ne seraient revalorisées que de « la moitié de l’inflation » (0,8%) au 1er janvier, avant une seconde revalorisation de 0,8% des plus petites retraites en juillet. Un moyen d’épargner 3 milliards d’euros, mais qui n’avait pas survécu à la censure.

François Bayrou a rappelé que des efforts seraient demandés à tous les Français - sauf les riches et ultras riches - face à l’urgence budgétaire. Raison pour laquelle, cette piste controversée revient sur la table des discussions.

Interrogé sur le sujet le 26 juin, lors d’une conférence de presse, le Premier ministre avait temporisé, indiquant que le sujet « va faire l’objet de débats dans le cadre plus large des questions qui vont être posées autour du 14 juillet ». « J’ai indiqué que je ne voulais pas cibler telle ou telle catégorie de la population, a-t-il insisté. Je ne veux pas cibler les retraités. »


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus