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1ères Assises d’Intelligence territoriale
10 novembre 2005

La Région Réunion accueillait hier les 1ères Assises de l’Intelligence territoriale, ou comment mettre l’intelligence économique au service du développement d’un territoire, pour répondre à l’urgence de l’emploi et aux besoins créés par les mutations sociales et technologiques qui surviennent un peu partout dans le monde, et ici aussi.
Les premières Assises d’Intellligence territoriale ont réuni des acteurs de la veille technologique au plan national, régional et de la zone océan Indien, sous la présidence du conseiller régional Emmanuel Lemagnen, vice-président de la commission du Développement économique.
Comme l’a exprimé Philippe Caduc, président-directeur général de l’ADIT, société d’intelligence stratégique, il s’agissait de "faire le point sur les réalisations de la Région en matière d’intelligence économique : pour le développement économique, pour construire une vision prospective du développement et savoir répondre aux attentes concrètes des PME/PMI."
La séance plénière d’ouverture lui a donné la parole pour une intervention traitant des enjeux de l’intelligence économique et territoriale, ainsi qu’à Robert Autheserre, spécialisé dans la protection du patrimoine économique et scientifique auprès de la Direction de la surveillance du territoire (DST). Un des directeurs de l’ADIT, Jean-Claude Prager, a évoqué les pratiques d’intelligence économique et territoriale en Europe et dans l’océan Indien, avant que les participants ne se répartissent en deux ateliers, dont l’un devait débattre de l’impulsion donnée par les collectivités et l’autre, de l’intelligence économique au service de la compétitivité des entreprises.
La plate-forme D6
Le thème du premier atelier proposait une approche spécifique des thèmes présentés le matin sur les grands enjeux régionaux, avec une attention particulière portée aux choix de gouvernance des collectivités régionales, sur lesquelles repose la responsabilité d’impulser les réseaux et les actions d’intelligence économique. Elles ont à cet égard un "devoir de clairvoyance" dans l’anticipation des évolutions, sans laquelle une région, un territoire peut un jour "décrocher et se trouver en perte de vitesse". Le groupe qui a travaillé cette question l’a rattachée aux problématiques de formation - y compris des formations initiales d’excellence - et à celle de la "taille critique" en dessous de laquelle les effets de levier ou de réseau sont difficiles à réunir. Sous l’aspect de la gouvernance, c’est-à-dire de l’impulsion politique donnée dans le champ d’action de l’intelligence territoriale, les participants ont relevé l’importance de bien définir le rôle de l’Agence de développement de chaque territoire, selon son contexte.
Le deuxième atelier a réfléchi aux choix laissés aux entreprises pour améliorer leur compétitivité. En fait de “choix”, le défaut de "visibilité" a fait apparaître le besoin d’une "cartographie des centres de compétences, des domaines couverts et des zones non couvertes" et la nécessité d’affirmer le rôle de D6 - le centre d’intelligence de La Réunion - dans des interventions plus “offensives”.
"On a toutes les clés, outils et méthodes pour multiplier les services rendus aux entreprises", a résumé Philippe Caduc, P-DG de l’ADIT, pour “Témoignages”, à l’issue des travaux. Selon ce qui ressort de ces Assises, à son avis, "D6 a vocation à servir de plate-forme, de “logiciel” ou de “centre d’aiguillage” et d’être un point d’entrée dans le système, pour apporter de la lisibilité en matière de création d’entreprise", a poursuivi le responsable national.
Impulsion nouvelle
Les pays de la zone représentés à ces rencontres étaient Madagascar et Maurice. Un dirigeant du Centre d’appui au pilotage de la relance de l’entreprise, Harimampianina Rosolofonirina, a évoqué des exemples de "partenariat public privé dans la mise en pratique de l’intelligence économique" à Madagascar. Les organisateurs avaient également invité le directeur du Joint Economic Council, une structure de coordination émanée du secteur privé et regroupant les principaux organismes d’affaire de l’île Maurice, Raj Makoond.
Le conseiller régional qui a présidé à la clôture des travaux a signalé aux participants de ces premières rencontres, les efforts mis en œuvres par la Région Réunion pour réaliser des projets économiques significatifs avec les grands pays émergents de notre environnement régional, au sens large, que sont l’Inde et la Chine. Enfin, le développement de plusieurs filières d’excellence - dans les TIC, les énergies renouvelables, l’aquaculture ou le café - et la reconnaissance d’un “pôle de compétitivité” dans l’agroalimentaire, sont des exemples concrets de mobilisation de l’intelligence économique au service du développement de l’île. Il faut se préparer, a dit Emmanuel Lemagnen, à leur voir prendre en 2006 une impulsion nouvelle.
P. David
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