Projet de Centre de culture scientifique, technique et industrielle à l’Étang-Salé

Une “vouv” géante comme lieu de réflexion sur l’eau

10 février 2006

Le projet de Centre de culture scientifique, technique et industrielle du projet global du Centre des eaux douces de l’association pour le Développement de l’aquaculture, exposé hier au siège de l’association à l’Étang-Salé, ressemble à une “vouv” géante. Cette idée a séduit les membres de la Commission développement durable du Conseil régional de La Réunion. L’objectif de ce futur outil consiste à sensibiliser le public sur la protection des milieux aquatiques. Le fil conducteur sera le ’bichique’.

Hier matin, Philippe Berne, Guy Jarnac, Hilaire Maillot, Marie-Paule Abriska, Marie-Pierre Hoarau, Roland Hoarau, Paulet Payet et Véronique Denes, les membres de la Commission développement durable du Conseil régional, ont rencontré à l’occasion d’une réunion Pierre Bosc, le directeur de l’association pour le Développement de l’aquaculture (ARDA) et son équipe au siège de cette structure, à la zone industrielle les sables à l’Étang-Salé. À la fin de la rencontre, ils ont dévoilé le projet de Centre de culture scientifique, technique et industrielle. C’est la deuxième phase du projet global du Centre des eaux douces. En amont, l’ARDA a créé l’École de l’eau (voir encadré) en 1997, la source de cette action non loin de l’Étang du Gol.
Les partenaires de cette idée ont disposé sur la table la maquette de ce futur Centre de culture scientifique, technique et industrielle. Il ressemble à une “vouv” (1) géante posée sur l’eau entourée des bassins de l’École de l’eau et des nombreux arbres verdoyants entretenus par les “emplois verts”. Les façades de bois seront recouvertes d’une fine couche de cuivre qui au fil du temps deviendront rouge vert. Deux éléments essentiels habillent et habitent ce centre : un Musée et un Centre de recherche. Le Musée est "un lieu ludique interactif sur la découverte de l’eau et de ses enjeux à La Réunion", tandis que le Centre s’axe "sur l’étude et la valorisation des systèmes aquatiques tropicaux" par exemple l’écologie et bien entendu l’aquaculture. Ils se trouvent en interaction avec l’École de l’eau.

Rassembler autour du "bichique"

Pierre Bosc tient beaucoup à la réalisation de cette initiative. Il cherche avant tout à valoriser la pêche traditionnelle réunionnaise : son histoire, ses pratiques, son avenir. Et comme poisson-pilote, il a trouvé le "bichique" d’où l’idée de la “vouv”. Avec cet alevin comme poisson-pilote, il compte sensibiliser le plus grand nombre, à commencer par les enfants, sur la protection des milieux aquatiques de l’île. Le bichique "sert d’introduction à la réflexion sur les enjeux d’une gestion partagée de l’eau". Et au sein du Musée, les scolaires et les curieux disposeront de tout un arsenal de données réparties en 7 espaces : la pêche du bichique, les poissons d’eau douce, les écosystèmes aquatiques, l’eau, la maquette de La Réunion, les usages de l’eau et le Parlement de l’eau (2) .
La visite de ces espaces ne s’effectue pas en un clin d’œil. Toute une matinée ou même une journée est nécessaire pour s’informer sur tout ce qui entoure l’eau. Cet outil sera à la disposition des collectivités, des associations, des établissements scolaires, des particuliers. Des accès sont prévus pour les personnes à mobilité réduite. Et les membres de la commission permanente et de l’ARDA réfléchissent à un aménagement pour les malvoyants et les malentendants. Une idée émise au cours de la conférence par l’une de nos consœurs. Le montant pour la réalisation de cette “vouv” dont la date de début n’est pas encore définie s’élève à 7 millions d’euros. Et l’ARDA attend au moins 25.000 visiteurs y compris les scolaires.

Jean-Fabrice Nativel

(1) Nom malgache : nasse faite de fibres (osier, bambou...) pour pêcher les bichiques dont les nervures sont en moufia ou en feuilles de cocotier. La forme est celle d’un cylindre dont on aurait fermé un bout, de l’autre côté, l’entrée ou "gèl" en forme d’entonnoir dirigé vers l’intérieur permet l’entrée des alevins et rend difficile leur sortie.
Définition du petit dictionnaire créole réunionnais-français de Daniel Baggioni.

(2) Un espace de rencontre, de discussions, d’échanges où l’on mesure ses propres connaissances, à travers un jeu, dans le but de responsabiliser le public à la gestion globale de l’eau sur la Terre.


Le Centre de recherche et de développement, et l’École de l’eau

Créée en 1997, l’École de l’eau, située à la ville de l’Étang-Salé à proximité de l’Étang du Gol constitue la première étape du projet d’un Centre des eaux douces. Elle est soutenue depuis des années par le Conseil régional de La Réunion et l’ARDA. L’École de l’eau est avant tout "un outil d’éducation à l’environnement et de culture scientifique sur l’eau et les milieux aquatiques" pour les scolaires, du primaire au lycée. Cette école fonctionne de concert avec le Centre de recherche et de développement également fondé par l’ARDA en 1991. Il compte 2 pôles : l’Écologie en eau douce et l’Aquaculture tropicale. En 1997, le pôle Écologie en eau douce et l’École de l’eau sont regroupés au sein d’une seule structure : le Centre des eaux douces. Il se dotera dans les années à venir du Centre de culture scientifique, technique et industrielle.


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