APE UE-AfOA : une ouverture aux services qui peut ruiner La Réunion

Vers une zone de libre-échange incluant les services

8 juin, par Manuel Marchal

Dans un communiqué, le PCR met en garde contre les conséquences pour La Réunion du futur Accord de partenariat économique (APE) global entre l’Union européenne et les Comores, Maurice, Madagascar et les Seychelles, signé le 10 juin. En étendant la libéralisation aux services, cet accord pourrait favoriser les délocalisations vers Madagascar dans des secteurs comme l’informatique, la comptabilité ou la finance. Le PCR redoute une perte d’emplois qualifiés et une fragilisation accrue de l’économie réunionnaise face à une concurrence régionale renforcée. Retour sur le cadre actuel des échanges et ce qui est prévu.

Dans un communiqué diffusé hier, le PCR alerte sur les effets négatifs possibles pour La Réunion de l’application prochaine d’ un accord commercial entre tous les voisins de La Réunion et l’Union européenne.
Le 10 juin, l’Union européenne et quatre États de la COI signeront un APE « global » incluant les services. Cet accord pourrait favoriser les délocalisations vers Madagascar de secteurs comme l’informatique, la comptabilité, la communication ou la banque, en raison d’une main-d’œuvre bien plus compétente et moins payée que le RSA. La Réunion va perdre des emplois qualifiés, d’accroître sa dépendance à l ‘argent de la France et deviendra essentiellement un pays de consommation de biens et services importés.
Alors que l’attention publique reste largement focalisée sur les enjeux immédiats des promesses d’emplois aux élections et du pouvoir d’achat, une évolution majeure des relations commerciales entre l’Union européenne et tous les pays de la COI sauf La Réunion qui sera représentée par le Commissaire européen au Commerce pourrait avoir des conséquences profondes pour l’économie réunionnaise.

L’accord intermédiaire actuel exclut les services

Dans 2 jours « Le 10 juin 2026, l’Union européenne et 4 États de la région de l’Afrique orientale et australe, Comores, Maurice, Madagascar et Seychelles vont conclure à Maurice un accord de partenariat économique moderne et global », indique la Délégation de l’Union européenne à Madagascar et en Union des Comores.
Jusqu’au 10 juin, s’applique un accord intermédiaire entre l’Union européenne et cinq États de la région Afrique orientale et australe (AfOA) : Maurice, les Seychelles, Madagascar, le Zimbabwe et les Comores. Selon la Commission européenne, cet Accord de partenariat économique intérimaire (APE intérimaire UE-ESA), signé en 2009 et appliqué provisoirement depuis 2012, prévoit notamment la suppression des droits de douane européens sur les importations en provenance de ces pays, l’ouverture progressive de leurs marchés aux exportations européennes, ainsi que des mécanismes de coopération commerciale et de règlement des différends.

« Aller au-delà du commerce des marchandises »

Mais un passage du document de la Commission retient particulièrement l’attention : « Les cinq pays qui appliquent déjà l’accord se sont déclarés prêts à aller au-delà du commerce des marchandises, vers un accord plus complet ».
Cette perspective ouvre donc la voie à l’application d’un APE dit « complet », incluant non seulement les biens mais aussi les services. Un document du Conseil économique, social et environnemental régional (CESER) de La Réunion, publié en septembre 2025, précise que ces accords complets couvrent également les services, les investissements, la concurrence, les marchés publics, les mesures sanitaires et phytosanitaires, l’agriculture, les mouvements de capitaux, ainsi que les questions de gouvernance fiscale et judiciaire.

M.M.

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