La pénurie d’eau, nouveau facteur d’instabilité politique ?
23 juin, parAprès Madagascar, manifestation à Maurice
Unanimité à l’Assemblée nationale pour la création d’une commission d’enquête
10 février 2023, par

L’Assemblée nationale a voté à l’unanimité la création d’une commission d’enquête sur les prix outre-mer sauf en Kanaky Nouvelle-Calédonie. L’accélération de l’inflation fait craindre des mouvements sociaux. En 2016, le PCR avait montré que la vie chère découle du régime néocolonial dominant La Réunion, avec comme effet une forte dépendance à des produits de première nécessité fabriqués en Europe.
Hier 9 février, l’Assemblée nationale a voté à l’unanimité la création d’une commission d’enquête sur le coût de la vie dans toutes les anciennes colonies intégrées à la République à l’exception de la Kanaky Nouvelle-Calédonie. Cette initiative vient du groupe socialiste qui a utilisé dans ce but sa « niche » parlementaire.
« Aujourd’hui, face à la spirale inflationniste qui vient encore frapper ces territoires confrontés au mal-développement, les Outre-mer pourraient de nouveau se transformer en poudrière sociale », a indiqué Johnny Hajjar, député de Martinique, « la commission d’enquête devra porter ses travaux sur la formation des prix, l’accumulation des marges, la concentration verticale, particulièrement en mettant en lumière la consolidation des phénomènes oligopolistiques et monopolistiques ».
C’est donc la crainte d’une « poudrière sociale » qui est un argument invoqué pour cette initiative. Il est vrai que c’est la question des prix qui est à l’origine des deux derniers plus importants mouvements sociaux à La Réunion. En 2009, l’augmentation du prix des carburants avait été un des déclencheurs du COSPAR. En 2018, la volonté de la Région présidée par Didier Robert d’augmenter la taxe sur les carburants avait facilité l’importation du mouvement des gilets jaunes.
Mais ces mouvements n’ont pas réussi à remettre en cause les facteurs structurels de la vie chère à La Réunion.
Lors du vote de la loi d’orientation pour l’Outre-mer en 2000, le député PCR Élie Hoarau avait obtenu la création de l’Observatoire des prix et des revenus. Mais force est de constater le manque de moyens alloués par l’État à cette instance qui ne peut notamment pas sanctionner les abus et le manque de transparence sur la formation des prix à La Réunion.
La Réunion se situe au large du Sud du continent africain, à près de 10000 kilomètres de l’Europe. Ce sont pourtant les produits de l’Europe qui constitue plus de 70 % des importations. Dans ces importations figurent des produits de première nécessité tels que la nourriture ou l’énergie.
Ce système découle d’un régime néocolonial visant à transformer des transferts publics versés sous formes de salaires ou de prestations sociales en profits privés qui sont ensuite rapatriés vers l’Europe. C’est ce qu’avait démontré le livre du PCR publié en 2016 à l’occasion du 70e anniversaire de l’abolition du statut colonial à La Réunion.
Ce régime néocolonial est un facteur essentiel de la vie chère, d’où découlent « l’accumulation des marges, la concentration verticale, la consolidation des phénomènes oligopolistiques et monopolistiques », citées par le député à l’origine de la création de la commission d’enquête sur la vie chère outre-mer.
M.M.
Après Madagascar, manifestation à Maurice
Mézami zot i koné lérop i sort sign avèk nout bann voizin in akor komèrssyal — i apèl APE — pou pèrmète in pé tout marshandiz rant dsi lo téritoir (…)
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