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par le Dr Raymond Vergès

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Arrivée du chef de la diplomatie russe à La Havane

Rapprochement entre Cuba et la Russie

vendredi 21 avril 2023


Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov est arrivé le 19 avril à La Havane après un arrêt au Nicaragua où il s’était entretenu avec le président Daniel Ortega, a indiqué le ministère cubain des Affaires étrangères.


Sergueï Lavrov a rencontré le 20 avril le président cubain Miguel Diaz-Canel, réélu sans surprise la veille à la tête de Cuba, et son ministre des Affaires étrangères Bruno Rodriguez Parrilla, selon un communiqué ministériel.

Visite attendue au Nicaragua

Le chef de la diplomatie russe s’était rendu à Managua avant de s’envoler quatre heures plus tard pour Cuba, dernière étape d’une tournée diplomatique en Amérique latine qui l’a également conduit au Brésil et au Venezuela.

« Les Occidentaux, sous l’égide de pays comme les États-Unis (...) essaient de faire proliférer leur hégémonie par des conflits comme en Ukraine », a déclaré Sergueï Lavrov lors d’une déclaration télévisée avant son départ du Nicaragua.

De son côté, Rosario Murillo, vice-présidente et épouse du président Daniel Ortega avait salué à la télévision publique Canal 4 l’arrivée pour une visite d’État de Sergueï Lavrov dans « notre Nicaragua béni ».

Le ministre russe a rencontré le président ainsi que son homologue nicaraguayen Denis Moncada, le ministre nicaraguayen des Finances Ivan Acosta et le conseiller de la présidence pour les investissements, le commerce et la coopération Laureano Ortega Murillo, fils du couple présidentiel, a précisé Rosario Murillo.

Lors d’un échange retransmis à la télévision, Daniel Ortega et Sergueï Lavrov ont dénoncé les sanctions imposées le jour même par les États-Unis à trois juges nicaraguayens qui ont déchu de leur nationalité 316 opposants qualifiés de « terroristes » par Daniel Ortega.

« Des centaines de camarades hauts responsables de l’État sont déjà sanctionnés, mais cela ne nous fait pas du tout peur, cela ne nous inquiète pas du tout », a déclaré le président nicaraguayen.

A Caracas, Sergueï Lavrov avait appelé à une « union » pour contrer « le chantage » des sanctions occidentales. La Russie est un important allié pour le Nicaragua, auquel il fournit du blé, des autobus pour les transports en commun publics, des voitures de taxi et des vaccins Sputnik contre le Covid-19.

Moscou a également apporté sa coopération pour un centre de formation de police anti-stupéfiants, ainsi que pour du soutien technique et militaire. Le Nicaragua et la Russie ont repris leurs relations de coopération économique et militaire en 2007 lors du retour au pouvoir de Daniel Ortega.

L’Amérique latine, une zone stratégique pour la Russie

Une délégation russe conduite par le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se rendra au Brésil, au Venezuela, à Cuba et au Nicaragua du 17 au 21 avril. Selon des experts interrogés par le média Sputnik, la visite du ministre russe vise à renforcer la coopération mutuellement avantageuse dans les domaines politique, économique, commercial, éducatif, humanitaire, culturels et d’autres, explique la diplomatie russe.

"Pour nous, l’Amérique latine est une région amie, l’un des centres où se forme un monde multipolaire. Une région avec laquelle la Russie entend maintenir un dialogue dynamique et développer une coopération constructive exemptée de tout diktat extérieur", a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères.

Le ministre Sergueï Lavrov a souligné que Moscou était prêt à étendre les contacts de toute sorte au niveau des chefs d’État et de gouvernement, des Parlements, des services diplomatiques et d’autres ministères et agences.

Pour le politologue vénézuélien Jonathan Benavides, spécialiste de la géopolitique russe, est-européenne et moyen-orientale, la visite de Sergueï Lavrov s’inscrivait dans l’intention de la Russie d’avancer vers un monde multipolaire.

Un avis partagé par Dmitri Rozental, directeur de l’Institut de l’Amérique latine relevant de l’Académie des sciences de Russie, qui a déclaré que l’objectif que se fixe la délégation vise à "entretenir des relations constructives avec ces pays et à faire montre de notre présence politique en Amérique latine" ce qui "revêt une importance immense".

Le Brésil, le Venezuela, le Cuba et le Nicaragua "revêtent une importance capitale pour la Russie en Amérique latine. Mais nous pouvons les diviser en deux groupes : [le premier comprendrait] le Venezuela, Cuba et le Nicaragua, parce qu’ils ne sont pas seulement des partenaires commerciaux, mais aussi des alliés politiques [de Moscou]. Ce sont trois pays d’Amérique latine qui maintiennent le cap de la confrontation avec les États-Unis et considèrent la Russie comme un pays qui a lancé un défi à l’ordre unipolaire que les États-Unis tentent de maintenir depuis les années 1990 et qui cherchent à créer une multipolarité géopolitique", a indiqué Jonathan Benavides qui est également professeur à l’Université centrale du Venezuela.


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