Note sommaire de réflexion en marge du Colloque Vieillesse et vieillissement
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31ème anniversaire de l’Indépendance des Comores
4 juillet 2006

Depuis deux semaines, les débats ne tarissent pas. Les joutes verbales ont quitté les salons feutrés de Moroni vers les places publiques et les médias quant à l’opportunité de délocaliser la célébration officielle sur l’île d’Anjouan.
Tout a commencé le jour où le tout nouveau Président a décidé d’organiser le défilé militaire et les festivités, commémorant l’accession du Pays à la souveraineté le 6 juillet 1975 à Anjouan, date qui marque son retour effectif dans l’Union des Comores.
Il est avéré que la Constitution de décembre 2001 a scellé la réconciliation nationale, mais dans la pratique, Anjouan continuait à faire ses propres lois et à les appliquer à sa manière. Le plus flagrant est que, jusqu’à l’année dernière, les autorités dédaignaient la Fête de l’Indépendance et célébraient le 3 août l’anniversaire de la proclamation de "l’État d’Anjouan" de 1997.
Cette situation mécontentait beaucoup de Comoriens, et tout le monde pensait que l’élection d’un ressortissant pouvait amoindrir les velléités séparatistes.
Le camp des opposants à la délocalisation de la Fête nationale, au premier rang duquel on trouve des partisans de la CRC, l’ancien parti au pouvoir avance l’idée que c’est une prime aux séparatistes. Chabane Bacar, gestionnaire, est radicalement opposé à la tenue de cette fête à Anjouan. Pour lui, cela équivaut à leur donner raison. "C’est à eux de donner des gages en venant commémorer avec nous dans la capitale".
D’un autre côté, Saher, étudiant en 3ème année de Droit, ne voit aucun inconvénient à délocaliser la Fête de l’indépendance. Cela s’est déjà produit sous Ali Soilih "je suis favorable à toute initiative qui contribue à restaurer l’unité du peuple comorien. Si les nouvelles autorités nationales et celles de l’île autonome d’Anjouan estiment que c’est le cas, qu’il en soit ainsi".
C’est un raisonnement similaire que tient Halim, responsable d’une Agence de voyage.
Face à la pression montante à travers différents médias, le gouvernement a décidé de jouer la carte de l’apaisement en proposant une commémoration en trois temps. Selon le nouveau programme, la journée du 6 juillet débutera par une prise d’arme suivie d’un défilé militaire à Mutsamudu, chef-lieu de la perle des îles Comores en présence du Président de l’Union, des officiels et du corps diplomatique. Le même scénario se reproduira à Mohéli en fin de matinée et à Moroni vers 16 heures.
Cette nouvelle formule a ses partisans mais aussi ses détracteurs : "Après la présidence tournante, la commémoration tournante de la Fête nationale, pourquoi ne pas envisager la capitale tournante ?", ironise en ricanant Chabane Bacar.
C’est le coût financier qui inquiète Ahamada Mourid ; "Il a hérité d’une situation financière déplorable, au lieu de chercher les voies et moyens de payer les salaires des fonctionnaires, il s’empêtre dans trois cérémonies coûteuses".
Abdou Bakari Boina, figure emblématique dans la conquête de l’indépendance, est favorable à la délocalisation. Dans une interview accordée à la Gazette des Comores, il dit comprendre que c’est pour marquer une étape décisive contre le séparatisme. Il aurait souhaité que les festivités se déroulent à Anjouan comme initialement prévu. Mais, ajoute-t-il, le Président à dû se plier, sous les pressions diverses, au format actuel. En fait, les fuites ont précipité cette décision, car l’idée de déplacer les festivités suscitait déjà des débats dans les rues avant même que ne commence la campagne pour expliquer les raisons de ce choix.
M. Aliloifa
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