Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
Après les premières législatives de l’Union
16 juillet 2004

Le président comorien, Assoumani Azali, a formé, mardi, un nouveau gouvernement comprenant sept ministres d’État, deux secrétaires d’État et deux portefeuilles confiés aux vice-présidents Caabi Elyachroutu Mohamed et Ben Massoundi Rachid.
Les deux vice-présidents vont, désormais, coordonner les services administratifs du gouvernement de l’Union au niveau de leurs îles d’origine, Anjouan pour Caabi Elyachroutu Mohamed, et Mohéli pour Ben Massoundi Rachidi. Le premier est, en même temps, chargé du ministère de la Solidarité, de la Santé, de la Population, de la Protection sociale et de la Réforme de l’État. Quant au second, il conserve les mêmes attributions à savoir, le ministère de la Justice, des Affaires islamiques, des Droits de l’homme et des Relations avec les parlements.
Souef Mohamed El-Amine, resté toujours ministre d’État, conserve les Relations extérieures et la Coopération. Moustadrane Abdou, qui fut à ses côtés comme ministre délégué à la Coopération, devient secrétaire d’État à la Coopération. Houmed Mdahoma Msaïdié quitte le ministère du Développement, des Transports et des Télécommunications le ministère d’État chargé de la Défense, de la Sûreté du Territoire, des Infrastructures stratégiques et de la Communication, tout en conservant les fonctions de porte-parole du gouvernement. Maoulana Charif, ministre délégué chargé des Finances dans l’équipe sortante, devient ministre d’État chargé de l’Economie, du Commerce extérieur et de la Promotion industrielle.
Les nouveaux venus au nombre de cinq sont : Ahamadi Abdoulbastoi, ministre d’État chargé des Finances et du Budget, Mohamed Abdoulhamid, ministre d’État, également, ministre du Développement rural, de la Pêche, de l’Artisanat et de l’Environnement, Yahaya Mohamed Iliassa, ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, le commandant Saïd Hamza, lui aussi ministre d’État, chargé du Plan et de l’Aménagement du territoire et, enfin, Abdou Madi Mari, secrétaire d’État chargé de la Sûreté du Territoire et de la communication auprès du ministre d’État Houmed M. Msaïdié.
Le parti des îles dans le gouvernement
Des réactions fort contrastées ont été recueillies mercredi à Moroni à la suite de la formation, la veille au soir, d’un nouveau gouvernement par le président de l’Union des Comores, Assoumani Azali.
Ce gouvernement, dont les négociations entourant sa composition ont duré plus d’un mois, aura permis au colonel Azali de "marquer sa volonté de conduire le pays vers une véritable réconciliation nationale", estime le député Attoumani.
Youssouf Mondoha de la Convention pour le renouveau des Comores (CRC, parti soutenant l’action du colonel Azali). M. Mondoha se félicite de l’initiative du président Azali d’associer les îles à ce gouvernement et d’avoir tendu la main à toutes les forces du pays.
"Nous avons besoin d’unité parce que la nouvelle République est un saut dans l’inconnu. Il faut que nous soyons unis pour faire ce saut dans l’inconnu. Il faut savoir mettre à profit les expériences des uns et des autres", ajoute-t-il. Le député formule en outre l’espoir que ce gouvernement saura "instaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire" et "qu’avec le temps, la méfiance de l’Exécutif de Ngazidja (Grande Comore) va s’estomper pour laisser la place à la volonté de participer à l’action gouvernementale".
Un haut cadre proche du président de l’île de la Grande Comore se demande, sous le sceau de l’anonymat, si le colonel Azali n’a pas en réalité marqué un point qui risque d’ébranler ses adversaires de la coalition des exécutifs des îles, qui tiraient leurs forces d’une dynamique commune. En s’abstenant de se faire représenter au gouvernement, "El-bak (NDLR - président de l’île autonome de la Grande Comore) n’a-t-il pas laissé passer une occasion de contribuer à renforcer la cohésion et la réconciliation nationales ainsi que l’équilibre des forces politiques en présence ?" se demande-t-il.
Pour sa part, un proche conseiller du président El-bak du nom de Mohamed Ali a déclaré à la PANA que l’exécutif de l’île apporte tout son soutien au nouveau gouvernement et s’attend à ce qu’il s’acquitte de deux missions urgentes : faire adopter par le Parlement les lois organiques sur la répartition des compétences entre les îles et l’Union, et mettre en place un budget consolidé de l’Union et des îles pour 2005.
Cependant de nombreux observateurs, habitués aux fréquents retournements de situations politiques aux Comores, s’attendent à voir apparaître des fissures dans la coalition des îles. On rappelle que le président de l’île d’Anjouan et celui de Mohéli sont représentés au sein du nouveau gouvernement, dont la composition a été rendue publique mardi soir à Moroni. L’Exécutif de la Grande Comore a lié sa participation à la définition préalable des missions de chaque ministre pour, dit-on, éviter de devoir faire face de nouveau à des chevauchements de compétences. N’ayant pas obtenu gain de cause sur cette question, Mzé Soulé El-bak a opté pour "la politique de la chaise vide".
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